Fat People and TV shows #1 : Super Fun Night

Depuis un moment, j’envisage de faire un sujet sur les séries télé, ma grande passion dans la vie. Je voulais aborder le traitement des gros-ses dans les séries. Evidemment en France, à moins que j’ai raté un truc, la question n’est pas abordée, ou alors les gros sont vieux ou des personnages secondaires. Après, je ne regarde pas de séries françaises, j’avoue. Le but, était donc de voir au travers des différentes séries que j’ai pu regarder quel message est véhiculé à travers la représentation des personnages gros. En plus, on a vu sortir récemment quelques séries (pas ou peu diffusées en France) spécifiques à la question de la grosseur (Huge, Mike and Molly…) ou alors avec des personnages secondaires récurrents et charismatiques (Glee) voire des personnages principaux gros (Drop Dead Diva, My Mad Fat Diary). Super Fun Night  est le sujet du jour, une série prometteuse créée par la fantastique Rebel Wilson, celle la même qui affirme qu’elle porte des chaussures en forme de lapin pour détourner l’attention de son double menton. Elle a également fait un pacte de non régime avec Melissa Mc Carty. Et surtout, surtout, Rebel c’est son vrai nom, ses frères et sœurs s’appellent : Liberty, Ryot et Annachi, rien que ça.  Récemment, on l’a vue dans Hit Girls, teen movie musical dans la vibe de Glee, dont on retrouve par ailleurs un des personnages dans la série.

Donc, cette série. Format sitcom, 23 minutes, 17 épisodes, sans rires enregistrés, dieu soit loué. Le pitch : Kimmie (Rebel Wilson) habite avec ses deux copines, elles ont une vie de post adolescentes, poursuivies par leur image de lycéennes looseuses et célibataires, perpétuellement mal à l’aise socialement. Tous les vendredis soirs, elles passent la soirée ensemble, leur slogan est clair : »always inside, always together ». Mais, un soir, elles décident de sortir, la soirée qui aurait pu être un cataclysme s’achève par un bilan pas aussi catastrophique que prévu. Elles décident de recommencer à sortir  et de rebaptiser les soirées « super fun night ». Les voilà embarquées dans de nouvelles aventures. En parallèle, on suit Kimmie au boulot, elle est avocate et vient d’avoir une promotion. Elle est évidemment amoureuse d’un de ses collègues beau gosse, Richard, et est mise en concurrence avec une bombasse filiforme, dans un premier temps sur le plan professionnel puis sur le plan affectif puisque celle-ci devient vite la petite amie de Richard.

Le trailer était alléchant. Je m’attendais donc à une comédie sympathique dans la ligne de The Big Bang Theory, mais avec des filles et en moins geek. En plus, j’adore les séries qui parlent de gens au boulot, les séries d’avocats, les séries hospitalières, les flics moins, mais le côté professionnel me dérange pas, même si parfois il inscrit un peu trop les séries dans un genre défini et hermétique. Les séries d’avocat ressemblent vite les unes aux autres, par exemple.

Pleine d’indulgence pour Rebel Wilson, je me suis donc tapé les 17 épisodes en quelques jours, histoire de rester dans l’ambiance. Même si le traitement de la grosseur peut paraitre intéressant, il manque sa cible. L’héroïne est grosse, le sujet n’est pas passé à la trappe mais n’est pas capital non plus, elle n’est pas définie que par ça, point positif. Le sujet est traité de façon complexe comme étant connecté à ses autres difficultés sociales, mais pas la cause de tout. On voit l’impact que cela peut avoir sur sa vie personnelle et professionnelle, cela reste contre balancé par d’autres aspects de sa personnalité. Et c’est là que le bât blesse, les autres aspects de sa personnalités, qui sont censés constituer la complexité du personnage, ne sont que des clichés liés à la grosseur et pas les plus valorisants. Elle manque sérieusement de limite et de pudeur, elle parle à tort et à travers. Elle est toujours le centre du gag, mais pas parce qu’elle est drôle et piquante. Elle est puérile et passe son temps à blaguer grassement sur tout, elle est dissipée et manque de confiance en elle. Elle se retrouve perpétuellement coincée dans des situations gênantes et humiliantes qu’elle a provoquées par maladresse. Elle est trop gentille et généreuse et passe sont temps à se faire avoir, elle est docile et impressionnable. Elle reste sympa avec les gens qui l’humilient, elle est prête à tout pour un peu d’acceptation. Même quand elle essaye de se contrôler et d’être prise au sérieux, elle échoue.  Bref, le cliché de la grosse complétement insécure et inadaptée, sans volonté et sans contrôle sur elle-même. C’est pour ça que j’ai été consternée quand j’ai vu que Rebel Wilson avait elle-même créé la série. Même si les blagues sur les gros-ses n’ont pas le même portée quand elles sont faites par des gros-ses, ici, on n’échappe pas au bon vieux stéréotype.

Les personnages sont plutôt caricaturaux, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose dans une comédie, mais la caricature nécessite une certaine subtilité qui manque à la série. Kimmie est présentée comme la bonne vivante avec qui on ne s’ennuie pas (avec qui le personnage de Richard ne s’ennuie pas) contrairement à Kendall qui est mince, obsédée par son apparence et ne laisse rien dépasser, qui est froide, arriviste et impitoyable. Kimmie est la future mère des enfants de Richard, celle qui laisse de la place dans sa vie pour autre chose que son ambition professionnelle, celle qui rassure, celle qui le fera se sentir beau et valorisé, celle qu’il ne retrouvera jamais au lit avec son patron ou son meilleur ami,  mais dont il aura toujours un peu honte. Elle, elle sera éternellement reconnaissante et se si sentira privilégiée d’avoir joué hors de sa League (oui, les métaphores sportives ça marche aussi pour les filles, et non, ça ne les rend pas moins ennuyeuses) qu’elle ne râlera jamais quand il sera gêné de la présenter à ses futurs associés.

Plutôt que de creuser le filon de l’histoire de cette fille, il a fallu rajouter une bonne vieille romance avec le boy next door du cabinet d’avocat, déjà vu dans Ally Mc Beal et Drop Dead Diva (notons que sûrement grâce à l’âge de Katy Bates, Harry’s Law, série dont je vous recommande vivement la première saison, nous avait permis d’éviter de tomber dans l’écueil). On patauge dans sa vie sentimentale marécagueuse qui bouffe tout le reste en se retrouvant encore une fois avec l’éternelle intrigue du cul entre deux chaises. On dirait Carrie de Sex and the City en plein dilemme entre Big et le menuisier chouchou. Je me rappelle m’être dit à un moment « merci, ils nous évitent cette situation non seulement éculée mais aussi improbable ». Mais non, on y va, et franchement. Le but était de mettre à l’écran un personnage plus vrai que nature, trash et un peu crado, et on lui colle une vie amoureuse hautement fantaisiste? Le décalage est trop grand, on n’y croit pas. Pour le coup, les aventures sentimentales de ses colocs sont beaucoup plus intéressantes.

Ce personnage pour le moins atypique, quoiqu’on en pense, n’est pas exploité à fond. Elle est noyée par trois nouveaux personnages (trois gars, les voisins du dessous de la coloc des filles, eux aussi un peu nerd) dont on ne sait pas trop quoi faire. En plus, la série manque sérieusement de rythme.  Les gags s’éternisent, rebondissent sur eux mêmes jusqu’à l’écœurement.

Pour un format court, ça traîne en longueur. La faute au scénario ou à ABC ? Là est la question. La série était prévue sur CBS. Mais c’est finalement ABC qui la diffusera  et apporte un certain nombre de modifications. La série dont le pilote à été tourné à plusieurs caméras finira filmée par une seule.  ABC, chaîne réputée puritaine, aux séries très policées, est sûrement aussi à l’origine de quelques modifications scénaristiques. A-t-elle gardé les grosses blagues qui tachent aux dépends de toute subtilité? C’est possible. La série, qui ne remettra surement pas le couvert pour une seconde saison, semble sacrifiée par la chaîne, diffusée dans un créneau réputé être un cimetière à séries, au milieu de rediffusions, c’était déjà mal parti. Le rythme est brisé, le pilote, dont la bande annonce est issue, n’est pas diffusé, on arrive donc catapultés au milieu de personnages mal présentés et qui resteront mal définis. Ce pilote sera finalement le huitième épisode de la série, déstabilisant la trame narrative, un flashback dès la première saison, c’est risqué.

En somme, c’est raté, je suis plutôt déçue, je n’aurais pas ma comédie fat positive qui me fout la patate, en tout cas pas cette année. Ce que je retiendrais de la série, c’est évidement Rebel Wilson, dont j’attends résolument qu’elle sorte du registre fat-potache, mais en qui, comme Lara, je crois encore, mais surtout les quelques instants jubilatoires que sont les passages musicaux. Notamment, le générique reprise de la chanson qui fait du bien de Queen Don’t stop me now (ce qui devait être le titre original de la série). Enfin des moments valorisants, drôles et vraiment décalés pour cette fat chick. Comme ce morceau, une réussite :

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S’assumer qu’ils disaient…

Le discours prétendument déculpabilisant par rapport au corps nous dit de nous aimer comme nous sommes, d’accepter nos défauts, et de mettre en valeur nos atouts. Mais cet adage est bien plus perfide et moins libérateur qu’il n’y paraît. S’assumer, ca veut dire quoi? Être bien dans ses ballerines ou avoir l’air bien dans ses bottines? La nuance est capitale.

Your body is a temple

S’assumer, voudrait dire être réconciliée avec son corps. Arrêter de lui faire la guerre de chercher a perdre les kilos dont on n’arrive pas à se débarrasser. Soit. Mais derrière ces jolies tournures, il y a le sacro-saint respect du corps. Le corps étant une belle machine qui s’entretient pour ne surtout pas perdre son capital santé/séduction. Optimiser. Pour cela, il faut manger sainement et faire du sport, mais sans se mettre au régime, parce qu’on ne voudrait pas avoir l’air d’une fille frustrée et complexée quand même. Et à choisir on préfère être vue frustrée et complexée que comme quelqu’un qui se laisse aller, un coca dans une main un muffin dans l’autre. Alors on boit du jus d’herbes, on détox, et on s’inscrit à un cours d’aquabike ou de pilates. Bref, un esprit sain dans un corps sain. Enfin, plutôt un esprit qui ne part pas dans tous les sens dans un corps contrôlé et cadré.

Shine and bright like a diamond

Quand on est grosse, moche, pas normée ou pas normale, on nous apprend que, pour se faire remarquer, il faut compenser avec sa petite étincelle personnelle qui rend chaque femme unique et exceptionnelle. Rien que ça! C’est à en devenir tarée… Trop de messages contradictoires. Pour être baisable comme tout le monde et rentrer dans la norme, il faut savoir se démarquer. Et puis, comment trouver une sorte de paix mentale vis a vis de son corps quand la société n’est qu’une immense injonction à le remodeler, mince ou pas ? Même si cette acceptation semble être un enjeux collectif à la grande classe des femmes, il y a bien une hiérarchie. Les belles n’ont besoin de rien d’autre, elles n’ont même pas besoin d’être gentilles, l’entretien de leur beauté suffit à l’acceptation sociale, aussi triste que ce soit pour leur personnalités. Les non normées doivent jouer de leur beauté intérieure, la laisser dégouliner à l’extérieur pour camoufler bourrelets et autres imperfections. On doit miser sur la petite étincelle. Mais là encore, prudence ! Il faut être drôle mais pas trop histoire de ne pas tomber dans la friendzone. Il faut être sympa mais pas trop pour ne pas avoir l’air de combler un vide. Sûre de soi mais pas trop pour ne pas avoir l’air de péter plus haut que sa peau d’orange. Intelligente mais pas trop, il s’agirait pas d’écraser son interlocuteur ou d’avoir l’air arrogante. Et derrière tout ça quoi? Encore une fois le grand marché de la baise. Bon, c’est vrai, que le s’assumer vient surtout des magazines féminins, c’est leur moyen d’arriver à vendre aux quelconques et aux moches en leur faisant croire qu’elles sont prises en compte qu’elles peuvent être aussi jolies et inexpressives que le modèle en 34 retouché page 48.

Sois belle et consomme !

S’assumer c’est aussi oser le sexy. Mais là, c’est pareil, extrêmement codifié. On montre un peu de seins, parce que, charnue, on en a. Pas trop le haut des cuisses, il pourrait y avoir des capitons. Yeurk! Jauger, évaluer son corps pour établir ce qui est montrable ou non et le contrôler pour le faire paraître sous son meilleur jour. Mais à travers ça, ce qui se dessine c’est une femme aux contours vaguement élargis, avec un franc sourire qui lui barre la gueule, symbole de l’autosatisfaction parfaite. C’est une silhouette en sablier, des seins, du cul, une taille marquée si ce n’est fine quand même. Encore une fois, une nana qui rentre dans le moule. A croire que cette théorie a été élaborée pour toutes celles qui avaient renoncé au moule, fatiguées de se torturer et de se tortiller dans les cabines d’essayage pour faire vaguement l’affaire. Mais elles représentaient la déviance et une part de marché non négligeable. Ça valait le coup qu’on leur consacre un peu de papier, malgré leur gras.

Une norme universelle ?

Mais où sont celles qui ne rentrent pas dans le nouveau moule? Celles qui ne s’acceptent pas autant qu’elles le devraient? Celles qui ont choisi, ou pas, de jouer leur vie sur un autre terrain que celui de la satisfaction de leur apparence? Où sont celles dont le corps ou la manière d’être ne collera pas de toute façon? Celles qui puisent leur force ailleurs? Celles qui ne sont pas dans la course effrénée à la teub? Celles qui s’en foutent? Celles qui ont choisi de passer leurs économies dans autre chose que l’industrie de la mode? Je passe les économies que je n’ai même pas le temps de faire dans de la parure. Et ça marche, je me sens forte et belle quand j’ai une nouvelle tenue et les ongles faits. Je ne vais pas prétendre que ça marche pour tout le monde, ni que c’est la solution miracle. C’est superficiel, c’est une petite trahison politique, c’est une armure. Ça alimente mon côté control freak, l’engrenage est sans fin, je ne porte plus de rouge parce que mes lunettes sont roses, je ne porte plus de vernis sans top coat, je ne sors plus sans maquillage. Les codes, les lignes de conduites se superposent. Mais ça me fait triper d’être une pétasse. Pour l’instant…

S’assumer ne veut pas dire changer le regard que l’on a sur son corps ou sur celui des autres, le rendre moins normatif et plus indulgent, non. Cela veut dire rendre son corps tel qu’on veut qu’il soit aux yeux des autres : paraître. Le sublimer en ayant conscience de ses limites. C’est se rendre acceptable aux yeux de la norme qui adopte tous les discours pseudo émancipateurs qu’elle a sous la main pour s’étendre et vendre toujours un peu plus. C’est ne se considérer qu’en fonction de l’image. Moi, je voudrais pourvoir lire que la beauté est dans une expression, une allure, une attitude. Qu’elle réside dans une manière de voir la vie, de parler, de rire. Qu’elle se découvre plus qu’elle ne saute aux yeux. Qu’elle n’a pas forcément besoin d’en jeter. Qu’un corps devient plus beau au fur et à mesure qu’on apprend a le connaître. Mais ça ne cadre pas avec le libéralisme économique et sexuel et le culte du coup d’un soir. Je voudrais lire que nos beautés sont multiples et qu’elles sont surtout nos personnalités, que d’avoir de la valeur ne se résume pas à une manière de présenter et de s’arranger. Je voudrais surtout que les gens assument et connaissent leurs désirs quand bien même ils ne sont pas conformes. Je voudrais aussi qu’on arrête de considérer que remarquer la beauté d’une personne est un préalable au cul, ou à la comparaison du qui a le plus beau boule. On peut toujours rêver.

La revue de presse de Dame Simone

J’ai pas eu trop le temps de vous faire part de mes lectures de presse, ces derniers temps, je vais essayer de me rattraper. Tout n’est pas d’une fraîcheur extraordinaire.

Les enfants sont toujours plus surveillés, rappelés à l’ordre et stigmatisés par rapport au « surpoids » :

– En Floride, on envoie des lettres aux parents des enfants dits en surpoids, même quand les enfants sont minces ont une activité physique régulière. Le seul outil d’évaluation pour déterminer si les enfants sont ou non en surpoids  est encore une fois l’IMC, cette mesure est non seulement régulièrement réévaluée de manière arbitraire par les médecins de l’OMS (systématiquement favorisant la maigreur soit dit en passant), mais elle n’est pas fiable : elle ne prends pas en compte la différence entre la masse graisseuse et la masse musculaire. Ces lettres ne sont pas des outils pédagogiques à destination des enfants, elles sont culpabilisantes et stigmatisantes, les enfants subissent déjà bien assez de brimades et de moqueries de la part de leurs camarades, de leurs professeurs et de leurs familles comme ça. On pourrait penser que c’est alors à destination des parents,  mais l’obésité infantile étant majoritairement due à la malbouffe et touchant particulièrement les familles pauvres, ces mêmes familles n’ont pas le choix dans ce qu’ils donnent à leurs enfants à manger, ni dans les activités sportives que ces derniers peuvent pratiquer, il faudrait être stupide pour croire que cela pourrait avoir un effet… Cela revient alors à culpabiliser un peu plus des personnes impuissantes. Magnifique !

– « Les enfants de la campagne qui gambadent en forêt, alors que ceux de la ville restent avachis devant la télévision: un cliché qui a la vie dure. Mais une étude de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich vient le contredire. » Les petits rats des villes seraient moins dodus que les petits rats des champs. Les causes de cette disparité ? Encore une fois l’origine économique des enfants : les bourgeois qui étaient partis se « ressourcer » à la campagne, reviennent désormais en ville, et ce, avec leurs marmots. Ces enfants sont moins touchés par les désastres de l’industrie agroalimentaire et sont donc moins gros. Autre cliché brisé par cette étude, les filles sont moins touchées par l’obésité que les garçons. On pense souvent les filles moins actives que les garçons qui auraient besoin de se dépenser, de courir… Bref, les petites filles seraient plus sédentaires et donc plus suspectes quant aux kilos qui s’incrustent. C’est évidemment une construction sociale. Tout comme le mythe selon lequel les femmes auraient besoin d’un apport calorique moindre que celui des hommes et celui qu’un peu de ventre est signe de robustesse chez un homme et mais de laisser aller chez une femme. Sans même parler de la binarité affligeante de ce genre de discours… Quoiqu’il en soit les conclusions de l’étude sont bien tristes, si les filles sont moins touchées que les garçons c’est parce que les parents sont plus attentifs à leurs comportements alimentaires et à leurs allures qu’à celle des petits garçons… Le contrôle du corps des filles pour une mise à disposition du regard des hommes commence jeune.

– Michele Obama est partie en croisade contre l’obésité des enfants, avec Quenn B comme vaillant petit soldat, la ville de New York fait sécession (pas mal le jeu de mots sur les état unis). Pour lutter contre la pression imposée aux petites filles en matière d’esthétique, que ce soit par les concours de mini miss ou par l’apologie de la maigreur, New York a tourné un clip qui promeut la beauté intérieure.

Une très belle initiative, on en manque. Surtout de la part des pouvoirs publics, qui la plupart du temps culpabilisent les jeunes. Mais il faut voir les choses dans leur globalité. Les sanctions contre le complexe mode beauté et l’industrie agroalimentaire se font attendre, le discours est donc profondément contradictoire. C’est très bien, mais on se demande si ce n’est pas pour se donner bonne conscience.

Une étude américaine a décortiqué les films pour enfants démontrant qu’ils induisent un mauvais comportement alimentaire : sodas, fast food… mais aussi qu’il répercutaient une vision grossophobe des enfants : « près de 70 % des films stigmatiseraient le surpoids des personnages »

Le petit oiseau va sortir! :

Les réseaux sociaux sont à la fois le lieu idéal du déversement de la haine contre les gros, les moches, les dominés toutes catégories : femmes, personnes racisées, travailleuses du sexe, homosexuels, transsexuels, et autres a-normaux. L’anonymat, le prétexte de l’humour et le culte du moins de 140 signes favorisent les sentences lapidaires et discriminatoires en tout genre. De plus, les dominants ou ceux qui veulent dominer prétendent briser le tabou du politiquement correct d’un soit disant ordre bien pensant qui interdirait de dire quelques « vérités » pourtant rabâchées à longueurs de journaux télévisés et d’éditos fumeux. Belle escroquerie intellectuelle !

– Dans un premier temps un groupe facebook questionne les internautes sur l’éventuelle commercialisation d’une barbie ronde afin de mieux coller à la réalité.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. D’abord il faut noter que même si le principe peut être bardé de bonnes intentions, la barbie grosse reprend tous les clichés de la grosseur et est quelque peu ridicule. Je vous passe tous les commentaires purement méchants et ignorants. Lisez donc cet article du site Ma Grande Taille

– Après le Slut shaming, phénomène de mode qui consiste à harceler et insulter les femmes qui vivent une sexualité et assument leur sexualité ou tout simplement qui sont perçues comme des salopes, bref la misogynie en action, voici le Fat shaming. Un site internet de cromagnons américains a même lancé la FatShamingWeek sur twitter. Ce site titre des articles comme « les  raisons d’humilier une sale grosse lors d’un rencard » ou « pourquoi les grosses n’ont pas le droit à l’amour? ». Tout un programme.

Mais bonne nouvelle, les réseaux sociaux permettent aussi de rassembler des personnes minorisées et isolées, et même si c’est une forme de mobilisation artificielle et peu probante en terme d’avancées politiques, elle permet de faire exister et de construire un discours, de relayer des témoignages…

– En réponse à la tristement célèbre fatshamingweek est né le hashtag FatMicroagression. Le but est de répertorier toutes les petites brimades du quotidien subies par les gros. C’est déjà ça !

Du coté de la science :

– Les études qui ne vont pas uniquement dans le sens de l’industrie de la santé, industrie qui a tout intérêt à nous vendre des médicaments et à nous forcer à nous faire maigrir, ne sont pas légions. Normal, elles ne sont pas financées, elles n’aboutissent pas sur des millions de bénéfices pour les actionnaires, et sont à contre courant des politiques publiques. Sauf que récemment, des chercheurs ont démontré par une études comparative que les gros ne sont pas en plus mauvaise santé que les minces. Bien entendu en même temps est sortie une autre étude qui montre qu’on ne peut pas être gros et en bonne santé, car même si on a un corps dans lequel tout est au beau fixe, il reste un risque… OUAOUH!

– Autre coup porté à l’industrie du contrôle du corps et des régimes : compter les calories ne sert à rien. Un scientifique à récemment pondu un papier sur l’inefficacité de cette technique qui rend fou. Mais pourquoi ? on savait déjà que le nombre de calories absorbées et dépensées dépendait de l’activité physique pratiquée, il ajoute que les personnes ne les synthétisent tout simplement pas de la même manière. En plus, les données nutritionnelles sur les étiquettes ne sont pas à jour et la cuisson des aliments peut modifier leur apport calorique.

 

– A Honfleur, un médecin comparait pour avoir donnée une association médicamenteuse interdite car dangereuse à ses patiente en vue de les faire maigrir. La science à tout pouvoir, les gros peuvent crever en silence, la justice s’en fout. Il a été relaxé. Il ne s’agirait pas de créer un précédent qui pourrait faire raquer l’industrie du médicament ou les médecins gourous à la botte des laboratoires. C’est la crise ma bonne dame !

Discriminations en tous genres :

– Les compagnies aériennes sont sans pitié envers les gros, régulièrement, ils les obligent à acheter deux places pour pouvoir voyager. Plutôt que de faire des sièges confortables et accessibles à tous, ils préfèrent nous faire payer double tarifs. Sans parler du prix de l’humiliation. Mais un passager fait remarquer que ces places sont régulièrement attribuées à l’opposé l’un de l’autre. Si on avait un doute sur les raisons d’un tel système…

– Dans la série ça plane  pour moi : les médias français ont relayé pour une fois un cas de grossophobie dans les transports aériens. La même compagnie British Airways qui a pourtant assuré le voyage aller de Kévin aux Etats Unis refuse de le ramener chez lui, invoquant des raisons de sécurité. Une autre compagnie aérienne accepte de le prendre en charge. Puis Eurostar refuse le lui faire traverser la Manche. Mais une compagnie de ferrys finira par le ramener chez lui. Kévin a toutefois mentionné que son voyage s’était déroulé dans des conditions de confort déplorables et douloureuses, malgré la générosité des concurrents de British Airways et d’Eurostar qui ont du flairer le coup de pub. Kévin souffre d’un dérèglement hormonal, cause de son obésité. Je ne suis pas sûre que l’histoire ait fait autant de bruit et ait suscité autant de solidarité (même strictement commerciale) si il avait été tout simplement gros, un gros normal, donc volontairement gros.

– Un Sud Américain à failli perdre son visa en Nouvelle Zélande parce qu’il était trop gros. Son poids ne lui permettant pas d’avoir un niveau acceptable de santé nécessaire pour rester dans le pays où il réside depuis 6 ans. L’inquiétude du pays étant qu’il fasse appel à son système de santé. Il a finalement pu rester chez lui, mais il devra payer de sa poche ses dépenses de santé. Mais comment prouver que les problèmes cardiaques d’un homme de 50, 60, 70 ans ne sont liés qu’à son poids? Mystère…

– Les opérations de testing dans les entreprises pour déceler les cas beaucoup trop fréquent pourtant de discrimination à l’embauche sont rares. C’est pourtant ce type d’initiative qu’à pris la MEF du Cotentin. Morale de l’histoire : les femmes sont discriminées au profit des hommes, des fois qu’elles tombent enceinte ou aient un chiard qui vomit les salopes… Elles ont 2 fois moins de chances que les hommes d’être sélectionnées pour un entretien. Les vieux, prêts à claquer à tout instant ou pas prêts à garder leur job 40 ans de plus au pays où la mobilité professionnelle est plébiscité partout, ont, eux, 2 fois moins de chances d’être convoqués, et une femme en surpoids à 71% de chance de moins qu’un homme mince d’être reçu. Pour un homme en surpoids c’est seulement 6.6% de chance en moins. Assez étonnamment l’étude montre que les critères d’origine et de handicap, même s’ils entrent en compte ont moins d’impact : 25% de chances en moins avec un nom d’origine africaine et 35% avec la mention travailleur handicapé sur le CV.

Dans la série sadisme et autres tortures  :

– 47% des 2000 anglaises interrogées ont déclaré prendre des laxatifs pour maigrir rapidement, même si elles savent que c’est inefficace sur le long terme et mauvais pour leur santé.

– Moins dangereux pour la santé mais tout aussi fou… Le spray malodorant pour maigrir ! A vaporiser dans votre cuisine pour vous dégoûter quand vous vous approchez en douce d’un placard pour piquer un gâteau.

Obésité, soutien-gorge, diététique, régime

– Microsoft, toujours prêt à gagner un peu plus de pognon est sur le point de commercialiser un soutien gorge qui ferait maigrir. Oui, oui… Comment? en surveillant le rythme cardiaque et en avertissant la porteuse de son niveau de stress. Elle est ainsi prévenue que le risque de grignotage est imminent. Les créateurs de l’engin ont même spécifié qu’ils y avait aussi pensé pour les hommes, mais (oh surprise!) leurs sous vêtements sont trop loin de leur coeur (sic!).

– Après le régime vers solitaire, le régime soupe au chou, le régime hyper protéiné qui bouffe le foie et les reins des patients/cobayes, le régime étouffe toi avec du coton et/ou du savon. Ce qui est génial c’est que c’est encore une fois, la presse féminine ici, Marie Claire,, qui dénonce les dérives de la vague sur laquelle elle surfe, la même presse qui cale une nouvelle formule magique pour maigrir en s’affamant à presque chaque numéro. Que penser? que ce genre d’article est quand même bénéfique par ce qu’il a un discours qui dénonce? Ou perd-il tout intérêt voire devient-il dangereux au vu du contexte dans lequel il officie? Si les injonctions à longueur de pages sont de vénérer la maigreur, comment ce genre d’article peut-être perçu autrement que comme une fiche technique pour atteindre ce but? Pourquoi ne pas plutôt changer le format des mannequins? Ou faire paraître ce genre de témoignage?

-Une nouvelle opération chirurgicale pour maigrir ! L’endobarrière est un sac plastique qui est disposé dans l’intestin du patient/cobaye et qui lui évite de digérer tous les aliments qu’il ingère. Après le brochage des machoires, le plus simple pour ne plus manger, le raccourcissement de l’intestin, le plus simple pour ne plus digérer, et la réduction de l’estomac à la taille d’un pot de yaourt, le plus simple pour ne presque plus manger, voici le sac poubelle intégré. Oh yeah ! Voyons le côté positif, puisque certains vont être tenté, ou poussés par leur médecin, c’est non invasif et réversible. Par contre quelques questions susistent : « Comme pour tout geste médical, il peut y avoir des risques de complications comme des ulcères de l’estomac, ou des hémorragies ou encore, moins grave mais pouvant être très handicapantes, de fortes nausées. Autre question : une fois le dispositif retiré que se passe-t-il pour le patient ? On sait très bien aujourd’hui que les patients obèses ne mangent pas car ils sont goinfres, mais car il existe un dérèglement du tissus adipeux et que les messages envoyés par le cerveau sont parfois brouillés. »

Au pays des peoples :

– Jessica Alba prône le régime corset. Personne ne lui  a reproché son éventuelle influence sur des femmes moins aisées financièrement et entourées médicalement qu’elle, femmes qui pourraient vouloir faire comme elle. Non, son discours est simplement vu comme une nouvelle folie de star, comme une bizarrerie et non comme un appel à l’automutilation. Si demain, Marylin Manson parle du plaisir que lui procure la scarification, j’aimerais bien voir ce qu’il se passerait.

– Ceci dit les régimes de stars plus dangereux les uns que les autres était déjà dénoncés par la presse en 1929.

-Jennifer Lawrence, qui a cartonné avec Hunger Games, prens régulièrement position contre les pressions à la minceurs dont elle subit les conséquences. Elle a affirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir faire de régime et surtout elle parle de toutes les fois où on lui a dit qu’elle était grosse. Malgré un physique plutôt « normal », voire mince selon moi, elle est perçue comme « ronde » par les magazine féminins. Elle prend désormais la défense des gros en condamnant les insultes qui leurs sont faites.

Rosie Hutington : mannequin pour Burberry a fait le buzz. Elle a refusé de suivre un régime qui ne consistait qu’à manger un seul sushi par jour. Elle est opposée par les magazines à Naomi Campbell qui, au même moment, affirme s’affamer avant les défiler. Mais, les filles ayant un rapport équilibré à la nourriture dans ce milieu sont clairement minoritaires. Vu la pression que subissent les mannequins, devons nous vraiment les blâmer pour leurs comportements ? Ne peut on pas voir un peu plus loin pour une fois?

– Pendant ce temps de vraies grosses parlent de la grosseur et refusent de suivre des régimes. J’ai nommé, Melissa Mc Carthy et Rebel Wilson. Bien que sous employées, ou plutôt sur employées dans le rôle de la grosse rigolote, elles sont régulièrement à l’affiche de films et de séries télé. Elles se serrent les coudes et elles ont même fait un pacte pour ne pas faire de régime.

Rebel Wilson and Melissa McCarthy - 2013 MTV Movie Awards Show

– Enfin ! une association de femmes rondes, porte plainte contre Karl Lagarfeld qui a fait de l’insulte envers les gros sa marque de fabrique. Désormais il est invité dans les médias presque qu’exclusivement en l’attente d’un de ces fameux « dérapages ». Il s’offre une légitimité en répétant partout que lui, il a perdu 30 kilos. Elles ont même lancé une pétition en ligne.

A la prochaine !

Les françaises se voient plus grosses qu’elles ne le sont…

Pour une fois que TF1 fait un truc intéressant.

http://www.dailymotion.com/video/x16ix7n_les-francaises-se-voient-plus-grosses-qu-elles-ne-le-sont_news

http://lci.tf1.fr/science/sante/quel-est-le-corps-ideal-une-femme-mince-en-france-corpulente-en-8296000.html

Le sujet, aussi court soit-il, montre bien que la grosseur est un facteur de discrimination et de sanction notamment dans le monde du travail. C’est  par la crainte de cette sanction que les femmes s’astreignent à des régimes qui peuvent non seulement bousiller leur santé, mais également leur bien être psychologique.

La revue de presse de Dame Simone

et me revoilà avec un nouveau petit tour d’horizon de ce que nous dit la presse des gros-ses ces temps ci.

Fausse bonne nouvelle.  La pilule anti obésité (mais pro diarrhées persistantes) Alli a été retirée du marché par GSK, le labo qui la fabriquait et la vendait sans ordonnance. Les raisons, non pas une prise de conscience subite qu’on ne peut pas complexer et rendre malade une partie de la population au nom du profit que génère l’industrie de la minceur, mais « un problème d’approvisionnement de la molécule en janvier 2012 » lié au « contexte français de l’affaire du Mediator« , selon les propos d’une porte-parole du laboratoire. Traduction, ils ne prennent pas le risque de dédommager de probables victimes, une mesure préventive quoi, pas pour les gros qui pourrait crever ou tomber malades, mais pour leur portefeuille.

Ne nous leurrons pas, de nombreux chercheurs travaillent à trouver les causes de l’obésité, afin de nous éviter ces bourrelets jugés disgracieux, ou plutôt de les éviter à la vue de ceux qui ne les supportent pas (Karl, si tu m’entends). Le but étant de dépister, comme pour le Sida, Alzheimer  ou Huntington… Passons sur ce que je pense de la considération de l’obésité comme maladie mortelle, ce sera l’objet de quelque chose de beaucoup plus documenté que mon simple avis dans le futur. Mais je suis tombée sur cet article fort intéressant, sur les conséquences des dépistages et autres test génétiques. J’imagine les chercheurs se dire:

« Jean Mi faut trouver une test pour détecter l’obésité, on sera vénérés par la communauté scientifique, Michelle Obama, et on se fera des couilles en or »

– Ouais mais Robert, je suis pas sûr, que ce soit une bonne idée, les gros quand ils sauront que c’est génétique, ils seront fatalistes, ils se laisseront aller, et ils ne s’affameront plus, alors nous allons mourir sous leur graisse qui se répandra partout. Franchement Robert, tu préfères, l’argent et la gloire ou le miracle de la vie? ». Dilemme !

Rue 89 nous raconte cette jolie histoire d’un groupe de grosses qui participe à une course « la parisienne », elles nous racontent l’entraînement, on y voit aussi le discours contradictoire quant au sport pour les grosses, d’un côté on culpabilise de trop de sédentarité, d’un autre on nous dit que si on fait du sport on va bousiller nos articulations. L’article est intéressant, parce que déjà il prouve qu’on peut être grosse et faire du sport et que c’est comme pour tout le monde une question d’entrainement, il explique aussi que le sport ne fait pas maigrir. Par contre, ce qui est triste c’est que l’initiative est payante (200€ pour l’entrainement, euh pardon, on dit « coaching » de nos jours). Ç’aurait été plus beau si ça avait été une bande de copine ou  une asso de fat acceptance, mais bon, dans ce monde de brutes, on prend ce qui se présente.

Dans une interview donnée au Times, une ex mannequin Katia Elizarova, raconte les coulisses du mannequinat « Je connais des filles qui étaient boulimiques, qui prenaient de la cocaïne pour avoir les joues creuses », et d’autres « qui s’arrachaient même les dents pour paraître plus minces ». Sur la question, je vous invite à lire, le très bon et très accessible livre de Mona Chollet, Beauté Fatale.

Et les causes de l’obésité sont toujours plus nombreuses :

– un estomac désensibilisé par l’absorbtion de trop de graisse et qui ne perçoit donc plus la satiété, seule solution la chirurgie bariatrique.

le couple, et heureux qui plus est

les bactéries intestinales

– les sodas, on savait déjà, mais cette fois c’est les bulles

– ah non en fait c’est le cerveau

Bref, nous sommes toujours un peu plus des cobayes des laboratoires et autre blouses blanches. Labos qui cherchent à la fois à nous sauver de nous mêmes, et à faire toujours plus de fric.  D’ailleurs, ils sont fiers les médecins, ils sont enfin arrivés à prouver que les chirurgies de l’obésité peuvent améliorer la santé du patient. Jusque là, ces chirurgies barbares et souvent irréversibles faisaient certes perdre du poids rapidement, mais elles ne faisaient pas rentrer les patients-cobayes dans le moule pour autant, la plupart du temps, elles doivent être suivies d’opérations de chirurgie esthétique coûteuses et douloureuses. De plus, le principe de base de ces opérations est d’affamer les patient-cobayes ou de les malnutrir de force et à vie, ou les deux :

– soit en diminuant de manière conséquente la taille de l’estomac (sleeve définitif, anneau gastrique pouvant être retiré et de moins en moins utilisé, la mutilation à vie étant préférable, évidemment),

– soit en court-circuitant le système digestif afin que les aliments ingérés ne soient plus digérés (by pass) en plus d’un rétrécissement de l’estomac (cette opération signifie diarrhées à vie)

Le tout au nom de l’espérance de vie des patients. On ne parle même pas de la vie sociale des personnes qui ont subit ces opérations, qui troquent le complexe du bourrelet contre celui de la peau qui pend, et qui ne peuvent plus manger plus du contenu d’un pot de yaourt à la fois, super pour les repas de famille, les bouffes entre potes. Bref, ces chirurgies devaient bien trouver une utilité aux yeux de la science à cette boucherie.Et super, ils sauvent enfin le monde du diabète. Hourra, on pourra charcuter la conscience tranquille.

Dernière avancée en date, maintenant on opère les enfants dès deux ans. Et ce qui est super c’est que maintenant, c’est assumé, il faut rendre les gens minces à n’importe quel prix, les conséquences importent peu : « Pr Paul Zimmett, de la Baker IDI Heart and Diabetes Insitute d’Australie a cependant souligné qu’ils n’ont aucune idée des effets de l’opération sur la croissance de l’enfant, et à moins qu’il n’ait un suivi personnalisé, il pourrait avoir des carences en vitamines. » Avant l’opération ses parents avaient essayé de le faire maigrir 2 fois. En deux ans, bah dis donc…

Une petite perle en absurdie. Glamour, nous démontre une fois de plus que le contrôle du corps des femmes n’a pas de fin. Après le tigh gap, les dépigmentation de l’anus et lifting des aisselles, ils voient toujours plus loin… Rassurons nous, dans quelques mois, ils feront une une sur ces « femmes rondes »  qui s’acceptent dans leur 42 de chez zara avec des jolies photos de fashion victims plus size. Et il nous mettrons en garde contre les régimes trop dangereux pour la santé. Ils nous diront qu’on est sexy et qu’on est  plus belles quand on s’accepte comme on est. La presse féminine est résolument schizophrène.

La fausse polémique du moment : la frite allégée chez burger king… S’ils nous remplacent la frite par une salade, je fais un scandale.

Et pour finir un petit bonus. Nous ne sommes plus seuls.

A la prochaine !

Abercrombie & Fitch, la marque qui n’aime pas les moches

Abercrombie vous vous rappelez ? on en a déjà un peu parlé, c’est la marque qui refuse de produire ses vêtements (et donc de les vendre) au delà du 38. Leurs vêtements doivent être honorés par des gens beaux, vous comprenez. La semaine dernière, Le Supplément de Canal + nous a emmené dans les coulisses du recrutement de cette entreprise à juste titre controversée. Et c’est pas joli, joli, ou peut-être trop justement. Au moins, on y apprend que leurs finances sont dans un piètre état, on peut se réjouir d’une mort prochaine de la marque.

Nous irons cracher sur votre tombe Mr Abercrombie !

ps : big up maitena biraben, jte kiffe!

« Debout les moches! » by Causette

Causette, à la fois ça me plaît, à la fois ça m’agace. Ça me plaît parce que ça fait du bien d’avoir un magazine féminin qui aborde des questions de fonds, tout en restant léger, parce qu’elles sont féministes aussi. Elles m’agacent parce qu’elles sont féministes laïcardes à la limite de l’islamophobie patentée et qu’elles ne sont pro choix que pour l’avortement. Le voile et les putes sont des débats qu’elles abordent sans faire de distinction entre choix et soumission et je ne suis pas fan de ce côté victimiste. Sur ces questions je préfère Grazia, qui contre toute attente, a un point de vue beaucoup plus ouvert. Bref, malgré tout j’achète régulièrement le magazine, et cet été j’ai voyagé en train et dans ce cas là Causette (et Grazia donc…) restent mes meilleurs alliés.

J’avais déjà râlé il y a quelques temps à propos d’un dossier sur la grosseur qui était franchement limite. Je leur avais écrit une lettre enflammée d’indignation à laquelle évidemment je n’ai jamais eu de réponse. Comme l’été est le moment de toutes les obsessions corporelles, elles réitèrent avec un dossier sur les moches cette fois. Je n’ai pas lu le dossier dans le train, j’avais peur d’arriver toute rouge et vénère chez belle maman, alors j’ai demandé à chouchou de le lire pour moi d’abord histoire de savoir à quoi m’en tenir. Et l’air de rien, c’est mieux.

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Ça commence plutôt bien, Causette s’entretient avec Jean-François Amadieu, auteur de Le poids des apparences. Beauté, amour et gloire. Il pose les choses assez clairement en ce qui concerne la discrimination subie par ceux qui ne collent pas à la norme esthétique en vigueur. Il rappelle que la beauté est définie par une norme:  » Fondamentalement, être moche ou beau, ça ne veut rien dire. Il y a juste un consensus, à un moment donné, sur la beauté. » Sont moches tous ceux qui dérogent à la norme. « Alors, a contrario, les moches, c’est quoi? Ce sont des personnes qui s’éloignent des standards, aujourd’hui les gens moins valorisés. » Il explique également que les scientifiques français ne s’intéressent pas beaucoup à cette question jugée « frivole », question qui relèverait plus de la presse féminine culcul la praloche. Presse qui ne parle jamais des normes en elles-mêmes, mais qui nous prescrit comment faire partie du grand tout des filles belles, comment nous mettre en valeur, ou nous modeler à l’image de Photoshop.

Les moches n’apparaissent donc pas dans les études scientifiques: « Le problème, c’est qu’on étudie ce qui se mesure, et ce qui se mesure facilement. Sur l’apparence physique, qu’est ce qui se mesure? Éventuellement l’IMC (indice de masse corporelle), la taille et le poids. C’est pour ça qu’il existe des études sur ces critères. Mais pour ce qui concerne les visages, la disgrâce, il n’y a plus de mesure statistique. Donc pas de définition pour le moment. » Juste une définition en négatif en somme.

Pourtant les conséquences sont bien réelles: « quelqu’un considéré comme moche ne peut jamais être avantagé sur le marché du travail. […] Dès l’enfance, les enfants beaux sont valorisés à l’école. Et au plan professionnel […] les moches sont stigmatisés, mis à l’écart. […] On parle d’ailleurs beaucoup du recrutement, mais l’autre vrai problème, c’est le harcèlement. Parce que les premiers motifs de moquerie déclarés par les français, ce sont la taille et le poids. » Il exhorte les moches à se plaindre, à se regrouper pour agir et à utiliser la voie juridique (qui, bien que très peu usitée, existe) si nécessaire: « le problème c’est qu’il y a très peu de réclamations, donc pas d’informations.[…] il faudrait que les discriminés n’hésitent pas à porter plainte ou à envoyer des lettres au Défenseur des droits quand les employeurs les écartent pour des raisons esthétiques ou sélectionnent sur des critères d’apparence. Il faut le signaler. Je défends le CV anonyme, je ne comprends pas qu’aujourd’hui on puisse recruter avec photo, ce n’est pas normal. Il reste toujours la solution d’aller défiler devant chez Abercombie, et de les emmerder. » J’aime assez l’idée.

S’en suit une interview de Damien Jouillerot, acteur dans Monsieur Batignole et Les fautes d’orthographe entres autres.

Il explique comment c’est d’être acteur et d’être le moche de service. J’aurais bien aimé que Causette nous explique comment elles l’ont abordé pour lui proposer cette interview. Parce que c’est quand même délicat. Je me rappelle que quand j’ai organisé des soirées autour de la grosseur, spécialement des trucs en non mixité ou sur invitation, c’était difficile de dire « hey, je sais pas si t’as remarqué mais t’es grosse et moi aussi, alors on a peut-être des trucs à partager, ça te dit de venir tel jour? ». C’est compliqué parce que dire à une nana qu’elle est grosse c’est presque toujours une insulte ou un rappel à l’ordre. Alors je me demande comment ils l’ont abordé avec lui, j’aimerais bien avoir leur recette pour dire aux gens qu’ils sont moches mais sans risquer de les vexer. Plein de philosophie le garçon en tout cas « Aujourd’hui, quand je lis qu’on veut me confier un rôle de « petit gros à lunettes », je me dis que c’est parce que je suis un petit gros. C’est tout. Le jour où on m’appellera pour jouer un grand Black de 2 mètres, je me poserai des questions! ».

Par contre, la solution proposée pour être reconnu à sa juste valeur, ou tout simplement pour être respecté, c’est de fermer sa gueule et de faire ses preuves malgré les humiliations. « Une fois, des producteurs parlaient de moi – ‘on va pas le prendre, tu as vu la gueule qu’il a?’- alors que j’entendais tout! Là, tu te dis: soit je me lève et je leur en colle une, soit je passe les essais. […] Il faut leur montrer ce qui se cache derrière! Moi, j’ai la gagne avec ça: plus tu m’enfonces, plus je vais remonter. » Je n’aime pas vraiment ce genre de considérations. Il y a des gens qui pensent que l’humiliation est un moteur pour se dépasser et montrer qui on est vraiment, qui pensent que ne pas être traité en égal donne du courage. Moi, j’aspire à l’égalité stricte et à un peu de tranquillité. Même si je pense que les épreuves renforcent, je n’ai pas envie d’oublier qu’il y a des gens qui ne se relèvent pas quand ils tombent, que parfois, il y a une goutte d’eau qui fait exploser le vase. Surtout je ne veux pas considérer que ceux qui craquent sont faibles.

La question de la beauté (et celle de la mocheté) est particulièrement exacerbée à l’adolescence, âge où plaire est crucial, tant pour s’envoyer en l’air et avoir une légitimité en tant que mec/meuf, que pour asseoir son cercle social, celui-ci se devant d’être le plus étendu possible. Le Dr Kpote qui signe chaque mois une chronique dans le magazine sur son métier : la prévention auprès des adolescents dans les établissements scolaires, nous livre dans ce numéro un article qui dresse un bien rude constat: « une fois de plus, l’égalité fille-garçon est un leurre. Le garçon est un BG (beau gosse) en fonction du nombre de ses conquêtes ou de ses relations virtuelles. Les moches, eux, sont donc par défaut, les puceaux ou ceux qui mendient de l’ami sur le Web. Pour les filles, la plastique idéale se limite aux seins gonflés. Et au « boule » (fesses) rebondi. […] Un mec moche peut encore travailler sa tchatche et ses postures pour exister. En revanche, les filles estampillées ‘thon’, appellation qui a curieusement traversé les générations, n’ont définitivement pas le droit de la ramener. » L’herbe n’est pas beaucoup plus verte pour les « bêtes de meufs », elles sont réduites au plus simple objet par les gars, et dénigrée par les autres filles qui leur taillent une réputation de salope. On vit dans un monde mer-veill-eux.

Nous faisons également un petit tour du monde des concours de miss absurdes (si toutefois on considère qu’il y ait des concours de miss qui ne le soit pas) : miss SDF en Belgique, est récompensée celle qui veut vraiment sortir de la rue, miss pregnant (enceinte) au Texas, miss chirurgie esthétique en Hongrie, miss handi France qui jugent aussi les candidates sur leur sens de l’humour… Ça me fait d’ailleurs penser que le titre du dossier, « debout les moches » est un peu maladroit. En effet, les personnes non valides sont largement discriminées et considérées comme moches. Être valide étant une condition sine qua non pour se lancer dans la grande course à la baise qui justifie tous ces jugements esthétiques sur tout un chacun. Il semble évident que l’imaginaire collectif préfère occulter la sexualité des non valides. Ces personnes se situant en quelque sorte en marge du beau et du moche, on ne va quand même pas leur dire qu’ils sont laids en plus, ils ne rentrent pas dans la norme, point. Bref, du coup, « debout les moches », c’est moyen pour tous ceux qui ne peuvent pas se lever, bien que le handicap physique ne se résume pas à ça. Finie l’aparté, reprenons nos concours de miss: miss landmine en Angola, reine de la beauté morale en Arabie saoudite, miss rescapée de la Shoah en Israël, des petites mamie qui défilent dans leurs plus belles robes et les inévitables mini miss. Édifiant!

Comme d’habitude, Causette nous entraîne également sur le terrain de la science avec un article qui raconte comment les pupilles dilatées montreraient l’excitation, et signifieraient une attraction réciproque. Un autre article nous parle de la dysmophophobie, trouble mental, qui consiste en une obsession sur une partie du corps, que l’on voit déformée ou anormale alors qu’elle ne l’est pas. Cela dépasse largement le simple complexe.

Par contre, j’ai du mal a voir l’intérêt de cette petite colonne sur les sex parties p.56. On nous y explique que dans les partouzes tout le monde devient beau « Transfigurées par le désir, les anatomies disparaissent derrière l’appétit qui les transporte. » Maiiiis bien suuuur! C’est évident qu’une fois à poil on est tous égaux, et que la misère sexuelle pour cause de laideur est un mythe. Remarque, ces gens là ne vont pas aux sex parties, peut être qu’ils devraient pour avoir la chance d’être transfigurés. Mais ce n’est pas tout, nous apprenons qu’une fois les corps dénudés « la beauté sociale disparaît » ahahah, no comment. En fait si, comment, déjà le prolétaire de base n’a financièrement pas accès aux sex parties, les banlieusards et autres provinciaux n’y ont pas accès géographiquement. Alors ces orgies se résument à de l’échange de fluides corporels entre parisiens biens lotis, et pouvant donc entretenir leurs corps, exerçant des métiers qui ne ruinent pas physiquement et ne vieillissent pas prématurément, niveau mixité sociale, on repassera. La taille et le poids ne serait plus un critère non plus. Bah voyons. Bref, je trouve ça (au mieux) naïf et j’ai du mal à voir ce que ça vient foutre là.

Et pour finir, l’inévitable papier sur la chirurgie esthétique. Le grand avantage de ce texte est qu’il place la chirurgie esthétique dans un contexte politique et social, là où les autres magazines ne se posent que la question du raté pu réussi, ne tirent que les constats des nouvelles opérations de Madonna, une logique de avant/après en somme. L’article démontre que même si la chirurgie dénote d’une certaine liberté, celle des femmes à disposer de leurs corps, elle créé une nouvelle aliénation sur ces mêmes corps. « Les femmes […] sont prises dans une course effrénée. Course dans laquelle elles doivent arrêter le temps, maintenir l’âge où séduction et sexualité dont encore possibles. […] Elles se pérennisent en tant qu’objet de désir: elles font, tant bien que mal, durer la femme telle qu’elle se doit d’être dans un monde heteronormé raffolant des symboles de la séduction. » L’auteure insiste également sur la dimension économique qu’implique la chirurgie esthétique, les plus riches peuvent se payer des bistouris et matériaux de qualité, pendant que les moins riches sont se contentent de produits au rabais et autres risques sanitaires. « Nous sommes face à une extension progressive du domaine du tout esthétique et capitalisme, qui met, ni plus ni moins, les femmes en situation de risques financiers. »

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Donc, au final, un dossier plutôt intéressant qui aborde assez largement la question de la norme esthétique. Il me semble bien plus fouillé et moins culpabilisant que le dossier sur le gras. Je ne me leurre pas, les gros rentrent bien dans la catégorie des moches, mais ce n’est pas du même ressort. Si le dossier sur les gros était si cruel c’est aussi à cause du mythe fortement répandu selon lequel le gros est un être humain qui se laisse aller et qui n’a aucune volonté. Il est donc responsable de la discrimination qu’il subit comme le souligne d’ailleurs Jean-François Amadieu dans son interview p.54 : « la société considère que les victimes sont responsables de leur situation […]nombreux sont ceux qui pensent qu’on ne peut pas mettre sur le même plan une personne qui a pris quelques kilos et une personne de couleur. Ça concerne surtout les obèses. Or, ils constituent la population principale de ceux qu’on qualifie de moches, car, aujourd’hui, la silhouette est un aspect important de l’idée de beauté, qu’on le veuille ou non. Les obèses représentent environ 15% de la population française, ce n’est pas rien! Quelque soit votre visage ou votre apparence, uniquement sur ce critère là, on va vous tenir pour responsable. » En plus, c’est mauvais pour la santé, alors que le laid est simplement affligé arbitrairement par dame nature. Bref, causette redresse vaguement le tir, ça fait du bien, mais on attend d’en voir un peu plus pour lui pardonner complètement.

La revue de presse de Dame Simone

Voilà, voilà, ça fait partie de mes bonnes résolutions avec ce blog et sa nouvelle tête, vous servir régulièrement une petite revue de presse. Bien sûr les articles sur la grosseur qui ne sont pas pour dénoncer les ravages de l’obésité rampante qui engloutit les enfants de parents laxistes qui se laissent aller ne sont pas foison. J’ai essayé de relayer les articles qui contredisent les préjugés largement répandus sur l’obésité, qui traduisent une certaine réalité sociale souvent méconnue. On voit trop souvent dans la presse des articles sur la grosseur ou sur les normes physiques qui sont culpabilisants et qui ne font que compter les gros, les grosses, les enfants gros et les ravages de la grosseur d’une voix grave.

Allons y :

Il y a déjà des études et moult témoignages qui montraient que gros et maigres ne sont pas égaux face à la médecine. Les maux des gros sont souvent ramenés à leur surpoids, et souvent les médecins exercent un odieux chantage en refusant les traitements à leurs patients qui ne veulent ou ne peuvent pas perdre de poids. On savait également que tous ne sont pas égaux face au matériel hospitalier, inadapté aux plus gras d’entre nous qui ne peuvent donc bénéficier des soins dont ils ont pourtant besoin. On avait aussi vu des études récentes montrant que les gros vont moins chez le médecin et redoutent cette épreuve car les médecins les ramènent sans cesse à leur poids comme étant un problème et ne les considèrent pas avec la même attention que celle qu’ils accordent à leurs patients minces. Mais maintenant nous apprenons également que les patients se fient moins aux médecins en surpoids qu’à ceux qui sont minces et que les patients considèrent que l’apparence de leur médecin est plus importante que sa capacité à soigner.

Après le patch sur la langue et autres régimes, dissociés, hypoglucidiques, hyperprotéinés, plus absurdes et dangereux les uns que les autre :. Le régime au vers solitaire.  Bah oui quelle bonne idée !  Ca ne date  pas d’hier mais grâce à internet c’est beaucoup plus facile d’en trouver, une recherche de quelques minutes m’a permis de trouver des oeufs de vers tous frais afin de perdre du poids, livrés depuis un site américain avec des flacons sur lesquels c’est écrit en russe en deux semaines pour la modique somme de 25€ je reçois dans ma boîte aux lettres un moyen tout à fait dangereux de perdre du poids. Oh yeah!

Mais aussi, le thigh gap ou comment photoshop façonne les imaginaires. On se figure pourvoir avoir des corps qui ne sont crées que numériquement. Personnellement, je suis bien loin de se genre de considérations, mes cuisses s’entrechoquant franchement.

Voici un article bien foutu qui réuni les infos de l’été autour de la question de la grosseur. Au menu, Dubaï profite du Ramadan pour mettre sa population à la diète, la récompense deux grammes d’or dès deux kilos perdus puis 1g par kilo supplémentaire. Au Japon aussi on monnaye les prises de poids, les loyers sont indexés sur les prises de poids des locataires. Si elles prennent du poids, le loyer augmente, c’est génial ! et pour tester leur volonté, elles ont accès gratuitement à des friandises et à une salle de sport. Comme pour les recherches d’emploi les gros sont également discriminés dans les universités sur le simple critère physique.

J’avais déjà lu que les conséquences de l’obésité (risque cardiaque, hypertension, diabète, cholestérol…) pouvait également être les symptômes du stress liés à la discrimination de la grosseur et qu’une étude que j’essayerais de retrouver avait prouvé que dans une communauté où la norme était d’être gros ces maladies n’étaient pas plus répandues que chez les personnes de poids dit normal. En revanche, quand des personnes quittent leur communauté pour une autre où la grosseur est stigmatisée, ces maladies se développent chez elles de manière inquiétante. Une nouvelle étude norvégienne, menée sur 11 ans montre que les adolescents de poids dit normal se trouvant gros développent un surpoids à l’âge adulte. Se considérer comme gros amène donc à prendre du poids. Les causes : le stress lié à la perception de soi et les régimes qui ont souvent un effet dévastateur tant sur le poids que sur le comportement alimentaire de ceux qui se les imposent.

C’est tout pour aujourd’hui mais à bientôt pour de nouvelles aventures.

.L.

My Mad fat Diary, ou quand le powerfull me fait chialer ma grand-mère…

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My Mad Fat Diary est une série télé pas encore diffusée en france à ma connaissance, mais facilement trouvable sur internet. Grosso modo, c’est l’histoire d’une ado grosse et mal dans sa peau qui sort de l’hôpital psychiatrique. Elle rencontre sa meilleure amie de jadis naguère super bonnasse par hasard, à qui elle fait croire qu’elle vient de passer un an en France. Sa copine la présente donc à sa bande de potes, mais il y a quand même pas mal de rivalités entres elles alors c’est pas simple de s’intégrer dans le groupe dans lequel gravite sa copine. Le tout avec une mère accro aux régimes et plutôt siphonnée.

Attention trailer :

 

Donc, je viens de finir « my mad fat diary » et je suis toute retournée. Posons un contexte clair. Je suis une chialeuse de compète devant la télé. Mais là, franchement, c’est pas facile. Pas facile, parce que ces séries « powerfull » où des filles prennent du pouvoir et de l’assurance alors qu’elles sont « hors normes » physiquement ou socialement, je crois que ça me fait plus de mal que de bien.

 Elles fanstasment sur un belu quelconque, et paf ! quelques péripéties plus tard (un peu plus que pour une Gossip girl de base, faut pas déconner non plus) ça fini par marcher. C’est sûr qu’elles ramassent plus que d’autres, mais merde…

D’un autre côté il faudrait montrer quoi ? Des personnages pathétiques qui ne voient jamais le bout du tunnel ? La réalité pure et dure ? Donner un peu d’espoir pourquoi pas…

 Je me demande toujours à qui sont destinées ces fictions. Très certainement en premier lieu aux reflets réels de l’héroïne, des grosses, des ados mal dans leur gras à qui la vie et surtout les normes sociales ne font pas de cadeau. Le but est très certainement de proposer un autre modèle, plus positif, de sortir ces personnages des seconds plans où ils sont au mieux insignifiants au pire tournés en dérision.

Je ne suis pas sûre que ce soit très efficace. Les vexations, les discriminations montrées à l’écran renvoient à un quotidien pas évident et les moments « powerfull » sont trop décalés avec le domaine des possibles de la vraie vie. Elle trouve une bande de pote qui, même si c’est pas toujours facile, l’acceptent comme elle est, elle a un psy pas pire et attentif, elle arrive petit à petit à débloquer la communication avec sa mère, elle finit par avoir « the » gars aux dépends de sa copine bonasse.

Ça arrive, c’est sûr… J’en ai des exemples. Mais c’est dur à voir.

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Est-ce que c’est parce que je préfère rester dans une attitude victimiste et que je surkiffe de me complaire dans l’oppression car ça me permet d’analyser toujours plus mon incommensurable égo ? Peut-être. Est-ce que c’est parce que les scénaristes, en voulant nous donner du courage et de la force, nous renvoie une image un peu trop rose et trop facile de ce que c’est la vie, sûrement aussi.

Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ce qui manque dans ces séries c’est le rappel à l’ordre constant. Parce qu’à les regarder on dirait qu’une fois qu’elles ont trouvé une sorte d’équilibre et une famille d’adoption dans leur bande de copains plus rien ne peut les atteindre et la vie leur sourit. Où sont les mandales sociales, qui font de nous des êtres vaguement apeurés toujours en train de cacher quelque chose au mieux sous des airs d’assurance?

 Ces fictions me culpabilisent parce qu’elles me font croire que la réussite sociale (peut importe la forme qu’elle prend) et la confiance en soi sont avant tout des questions d’attitude. C’est d’ailleurs ce que nous rabâchent les magazines féminins. Le regard que l’on porte sur nous même conditionnerait le regard des autres. Certes, c’est en partie un discours positif et juste, mais on ne peut pas tout faire reposer là dessus. Il ne s’agirait pas d’oublier les structures qui agissent derrière les individus et leurs rapports sociaux, les normes qui font systèmes et les discriminations institutionnalisées.

On peut faire tous les efforts du monde pour se kiffer toute nue devant la glace, ou sous la lumière dégueu de la cabine d’essayage, on peut avoir une image positive de soi, ça ne nous extrait pas pour autant du monde et de ces petites choses quotidiennes qui nous rappellent que ce monde veut bien nous tolérer, mais seulement dans un certain cadre. L’image qu’on a de nous ne peut pas gagner sur tout, elle peut tout au plus permettre d’acquérir une saine désinvolture, une distance avec les blessures quotidiennes.

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De plus, ce discours « aime toi et le monde te verras telle que tu es vraiment c’est à dire merveilleuse » est sacrément à double tranchant. Il laisse à penser qu’il faut être son propre manager, que nous sommes un produit qu’il faut vendre aux autres contre leur amour. Ca veut aussi dire que ceux que personne n’aime ou qui n’ont pas une image top d’eux mêmes ont bien mérité leur triste sort. C’est du libéralisme émotionnel. Il faut être attractive, si l’attraction ne réside pas dans le corps, il faut trouver ces atouts (l’humour, une passion, l’attention aux autres), ou morceler le corps pour le rendre attractif (miser sur des courbes avantageuse… comprenez les seins…), sinon il ne faut pas se plaindre.

A la fois, ce discours me semble juste, à la fois, déconnecté d’un discours plus global sur la société et les systèmes qui y opèrent, il me semble dur à vivre et inapplicable. Nous ne sommes pas des entités à rendre rentable et aimables. Nous ne devons pas systématiquement « apporter » quelque chose comme on « apporte » des chips à un apéro. Ca induit un rapport marchand de plus sur le corps des femmes. Les minces sont régulièrement amenées à considérer leur corps comme une marchandise, pour plaire, trouver du travail, satisfaire leur mère ou leur mec, s’orner comme il faut de beaux vêtements… Les grosses doivent rendre leur corps acceptable encore une fois pas de l’ornement pas ne peuvent décemment pas tout miser là dessus. Par contre, elles doivent quand même avoir quelque chose à vendre. Ce sera alors faire oublier ce corps en ayant un regard positif dessus, en niant sa charge de contraintes sociales et psychologiques, miser sur d’autres qualités et surtout ne jamais mettre au jour ce système au risque de passer pour une rabat joie ringarde.

Bref, cette série était chouette, au final je la conseillerai aux grosses comme aux maigres. Vraiment, y’a plein de truc plus justes que dans d’autre séries avec ou sur des gros-ses. Elle est clairement utile dans le fait que cette grosse héroïne change des représentations habituelles et permet de voir de corps différents de ceux habituellement présenter et de voir également des questionnements qui changent un peu. Malgré tout ce que je viens de dire elle démontre aussi qu’il est possible de ne pas seulement se détester et de gagner quelquefois sur la vie. Elle est utile à la fois pour les ados qui n’ont pas de problèmes de poids et qui peut être pourraient arrêter de tyranniser ou d’invisibiliser leurs congénères ventrus et à la fois pour donner un peu de foi dans la vie aux grosses qui regardent.

Bon voilà, c’était juste pour râler finalement, parce que j’en veux toujours un peu aux films et séries qui me font pleurer comme un cupcake longtemps après le générique.

.L.