« La guerre des fesses – Minceur, rondeurs et beauté » Jean-Claude Kaufmann

Jean-Claude Kaufmann vous vous rappelez ? On en a déjà parlé Il a sorti il y a quelques mois un livre intitulé La guerre des fesses – Minceur, rondeurs et beauté1, un nouvel opus donc pour ce sociologue qui a déjà beaucoup écrit sur le corps. Les livres traitant des questions des normes de beauté et du corps sont toujours intéressants. Toujours, parce qu’il en existe si peu en français que je me jette dessus comme la misère sur le pauvre monde. Les paroles divergentes au discours dominant qui incite toujours plus au contrôle et à la minceur sont si rares qu’elles sont précieuses. Le livre parle des fesses, mais comment parler de nos derrières sans parler gras et rapport au corps en général ? C’est plutôt cet axe là, celui du corps tout entier, que j’ai privilégié pour cet article, mais l’analyse fessière du livre est aussi très intéressante. Un livre facile à lire, captivant, même si quelques bémols sont à apporter. Analyse, critiques et extraits… C’est parti !

La fesse, l’inaccessible étoile :


Dans un monde où le corps « est désormais central pour constituer l’estime de soi »2, l’idéal de beauté se module à l’infini afin d’être une préoccupation sempiternelle pour les femmes (et de plus en plus pour les hommes). Cette attention constante est un des outils de deux systèmes savamment imbriqués : le patriarcat et le capitalisme.

Le livre traite assez clairement à travers la thématique du séant de l’éternelle insatisfaction des femmes par rapport à leur corps, de leur soumission perpétuelle à l’évaluation et au regard des autres. Aucune n’est satisfaite par ses fesses, celles qui les ont grosses les voudraient minces et inversement. De plus, l’idéal est mouvant en fonction des constructions et représentations sociales de chacune. Jean-Claude Kaufmann met notamment en avant la répartition de l’idéal fessier en fonction de l’axe nord/sud. Globalement, la fesse doit être petite au nord et plus rebondie au sud avec évidemment quelques variations culturelles au sein de ce découpage. Il rappelle à juste titre que « le corps est aussi modelé par les civilisations. Chaque tradition définit une mode alimentaire, des exercices physiques et des techniques particulières, qui travaillent les organismes, dans le court terme et sur la durée historique.[…] Ainsi, de génération en génération, le modèle s’imprima-t-il dans les chairs. On ne dira jamais assez à quel point l’idéal de beauté est capable de s’imposer à la biologie. »3

Tous les moyens sont bons pour se rapprocher de la norme. Il nous livre une liste impressionnante de témoignages et de méthodes plus ou moins tolérées par le corps médical pour influer sur la forme des fesses : prothèses, injection de graisses, suppositoires de bouillons cubes Maggi (et les idées ont du génie ? Vraiment ? ), se frotter, se masser, se pincer… La preuve est faite qu’aujourd’hui nous ne sommes pas si loin des  »remèdes » d’antan : cures de vinaigre, ingestion de pilules de savon censées diluer le gras, électrochocs, implantation d’extrait de testicules de singe… Jean-Claude Kaufmann a également récemment posté un article sur son blog concernant une fausse chirurgienne esthétique qui injectait un mélange de colle et de ciment dans les fesses de ses « patientes ». L’une d’entre elles en est morte.

 

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Un regard historique :

 

Comme d’autres avant lui4, Jean-Claude Kaufmann déroule le fil de l’histoire quant aux normes physiques prédominantes. Histoire, pour qui la minceur n’est qu’une norme récente. En effet, jusqu’à la fin du XIXème siècle, la norme à atteindre était celle de la rondeur des corps. On pouvait assister à « la glorification des corps plantureux dans les sociétés caractérisés par la rareté alimentaire où le stockage des graisses dans le corps était souvent vu comme un principe de survie et une marque de puissance.»5 A l’époque comme aujourd’hui, la forme du corps était un outil de distinction sociale. Sauf que la supériorité est désormais à la minceur.

Il est intéressant de lire l’influence de la religion notamment celle de la religion chrétienne sur la normalisation des corps. L’auteur explique alors que « depuis les premières sectes chrétiennes, deux courants idéologiques se mélangent. Une vision universaliste, qui part de la société telle qu’elle est, et s’enracine dans son temps; accepter les hommes tels qu’ils sont, d’abord les aimer. Et une autre vision, tournée passionnément vers une idéal céleste de pureté absolue, qui pousse à s’arracher à toutes les médiocrités et pesanteurs d’ici bas.»6 Cette seconde théorie est très bien illustrée par les exemples des saintes jeûneuses et de l’ascèse7.

A la fin du XIXème, la minceur commence à apparaître, mais d’abord en pointillés : « seules certaines parties du corps sont visées : la nuque,  »les attaches » (chevilles et poignets), les mains et surtout la taille »8. Et c’est avec l’avènement du corset et de la taille fine que les fesses vont s’affirmer, d’ailleurs les postiches pour augmenter leur volume se multiplient. Les formes restent synonymes de puissance, mais l’argument de la santé commence à avoir cours. Les excès des banquets laissent la place à la modération. « Trop de grosseur ne saurait être bonne pour la santé. Et surtout, trop de grosseur révélerait une faiblesse de caractère. »9

La nourriture n’est plus un bien rare, les puissants n’ont plus intérêt à se démarquer par leurs physiques opulents. C’est l’avènement de l’ère du contrôle alimentaire et également le début de la stigmatisation du trop gros. « La stigmatisation va ensuite se déchaîner, suspectant le gros, non seulement de langueur, non seulement de défaut de modernité, mais surtout d’incapacité de maîtrise de soi, à l’époque du sujet-roi ». Ça me fait d’ailleurs penser que c’est à la même période que le théâtre dit populaire se développe. Un bien belle intention au départ, la démocratisation de la culture, tout ça, tout ça. Sauf que la société bourgeoise y trouve vite son compte, le vide de son sens et de sa potentialité subversive et amorce la société de loisir. L’argument principal du développement de la culture pour tous est toujours présent : en façade la démocratisation. Mais le but est surtout de contenir les pauvres et de les protéger de leurs penchants  »naturels » : le jeu et l’alcool. Ces pauvres qui ne savent pas se maîtriser ni résister à la tentation, c’est quand même gênant. Bref, je ne vais pas réécrire mon mémoire mais la coïncidence est troublante.

Le modèle de la minceur est donc celui qui subsiste « A partir des années 1960, l’engrenage vertueux minceur/distinction est définitivement mis en place. Les statistiques montrent qu’après cette date, plus les femmes s’élèvent sur l’échelle sociale, plus elles sont minces. »10 La silhouette est donc bien un marqueur de classe sociale.

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D’une norme physique à une norme comportementale :


Grâce à son étude précédente sur le rapport au corps des femmes sur la plage 11, Jean-Claude Kaufmann nous explique bien en quoi la norme physique induit une norme comportementale. « la référence à la beauté permettait de définir ce qui était normal, de forger des règles de comportement. Une norme c’est ce qui est considéré comme normal, et le normal ça se fabrique socialement, sans cesse. Sur la plage, la beauté est donc le principe organisateur de normes. Plus une femme s’en rapproche, plus sa liberté de mouvement est grande : elle peut faire vraiment ce qu’elle veut. Au contraire : plus une femme s’en éloigne, plus la liste de ce qu’elle peut faire se réduit, plus elle se retrouve sous un contrôle appuyé des regards alentour »12

Assez paradoxalement, son étude a également démontré qu’en matière de topless, les filles aux seins  »trop beaux » devaient elles aussi se voir restreintes dans leur liberté sous peine d’être jugées provocatrices. Il faut être normale, dans la norme, pas plus, pas moins.

Bien sûr, ce qui transparaît de tout ça c’est la soumission constante aux regards, et surtout la conscience et la projection de ces regards, de ces jugements qui vont déterminer ce qu’on s’autorise ou pas. La question est de savoir si l’on va oser s’imposer au regard des autres, les affubler de notre présence a normale.

Notre comportement est influencé aussi dans les privilèges que procurent la beauté (voir extrait à la fin de l’article). En effet, pour accéder à ses privilèges pour avoir une prise sur notre futur avoir plus de portes ouvertes, nous modelons notre corps, nous lui accordons du temps et de l’argent pour forger notre destin13. « La distinction par l’ultraminceur, en affichant une capacité de contrôle absolu de ses envies. A l’inverse de l’obèse, le sujet ultramince apparaît ultramaître de son existence. Ce n’est bien sûr qu’une vue de l’esprit, le contrôle de l’alimentation n’étant qu’une infime partie de la maîtrise existentielle »14

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Une responsabilité collective :

 

L’argument de la santé est celui qui légitime le culte de la minceur, qui lui donne une validité sociale, morale et politique. Les médecins en sont donc le relais. Comme le dit Jean-Claude Kaufmann, on ne peut pas tant leur en vouloir d’avoir prescrit tout et n’importe quoi pour faire mincir : « on ne peut pas demander à la science de savoir plus que le savoir de son époque […]. Mais ils portent une part de responsabilité dans le simple fait d’avoir fait leur travail. »15. Certains y ont, toutefois, mis plus de cœur que d’autres. Tout comme aujourd’hui certains se contentent des avertissements d’usage et prennent en charge leur patient alors que d’autres détruisent le corps de leurs  »adeptes » avec des remèdes miracles ou des régimes fulgurants, hier comme aujourd’hui les charlatans guettent l’opportunité de se remplir les poches.

Cela fait longtemps que le complexe médico-pharmaceutique et l’industrie de la mode travaillent main dans la main. Le tout englué dans des injonctions médiatiques toujours plus fortes. « Le gros n’est pas simplement lourd, laid, pas distingué. Il est aussi cet être méprisé en sourdine car jugé incapable de maîtriser son existence. Cela fait beaucoup ne trouvez-vous pas ? La machine folle qui a installé la minceur en norme centrale de la discrimination sociale et psychologique est d’une efficacité redoutable. Et d’une cruauté inouïe. »16

Mais la pression médicale et médiatique ne sont pas les seuls relais de cette stigmatisation. Et c’est là un argument inédit et plutôt intéressant, la responsabilité est collective. Pas seulement dans le regard que nous portons sur nous même et sur les autres, mais aussi dans nos actes qui font de nous des rouages de cette machine folle. « Tout le monde ou presque porte désormais sa part de responsabilité. Si je fais un petit régime avant l’été, juste pour perdre deux modestes kilos, je participe moi aussi sans le vouloir à la machine folle. En incitant d’autres à faire comme moi, en stigmatisant d’avantage ceux qui ne le font pas. Certes, tout le monde n’est pas responsable au même degré. »17  Nous sommes tous partiellement responsables, et l’auteur ne se prive pas de dénoncer quelques entités ayant un poids important dans l’engrenage de ce qu’il appelle « la machine folle » : le milieu de la mode, le poids de la religion catholique notamment.

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Bémols :

 

On peut toutefois regretter qu’une bonne partie de l’analyse de l’auteur aie pour support les forums sur internet. Même si la démarche est justifiée, internet est le lieu où l’on trouve le plus de témoignages en la matière, c’est souvent redondant. Il est vrai cependant que l’anonymat généré par l’interposition de l’écran permet une plus grande liberté de parole, c’est donc une source à ne pas négliger. L’auteur se base également beaucoup sur ses travaux précédents, notamment une étude faite sur la plage concernant la pratique ou non du topless. Certes, il existe peu de sources sur la question du rapport au corps, surtout en France, mais un référence plus courte aurait suffit. On sent une certaine suffisance où l’on aurait voulu que certains points du livre soient approfondis ou que certains écueils soient évités.

Grosse critique en revanche sur le chapitre 5 de l’ouvrage « Ce qu’en pensent les hommes »18. Il est d’un hétérosexime entendu et malheureux. Certes, nous vivons dans un monde hétérosexiste qui montre l’hétérosexualité comme seul modèle. Les femmes seraient donc entièrement sujettes aux regards des hommes et agiraient en conséquence. Certes, c’est le modèle dominant, médiatiquement en tout cas. Sauf, qu’il existe des homosexuels femmes ou hommes qui se projettent selon d’autres codes qu’il aurait été intéressant d’aborder. Certaines lesbiennes ne se considèrent pas comme des femmes19 et ne se définissent pas selon le prisme du patriarcat ou de l’hétérosexisme ambiant. Jean-Claude Kaufmann aurait pu traiter de cela ou de la particularité de la communauté Bear dans le milieu gay par exemple. Au lieu de ça, on se retrouve avec un chapitre quelque peu schématique qui plombe le livre. Même si j’ai envie de lui laisser le bénéfice du doute, on note également que quelques passages sont proches de la misogynie :

« Quand les hommes disent qu’une femme est belle, ils le pensent vraiment, même si le parcours qui mène à cette beauté est un peu complexe. Les femmes ont d’ailleurs très bien compris ce mécanisme. Et elles en jouent depuis la nuit des temps. Robes fendues ou autres corsages plongeants sont des armes classiques et bien connues pour attirer le regard des hommes, non sur ces  »appâts » […]. Non. Vers beaucoup plus haut que cela, vers leur personne en elle-même, vers leur beauté et rien d’autre. Les femmes savent très bien tout cela. Elles ne cessent pourtant de l’oublier un peu, de le refouler, d’attiser le chaland sans réaliser ce que cela provoque chez les hommes. Surtout quand un mode vestimentaire accentue la portée des gestes. Si la minijupe est tendance, il devient normal de s’habiller ainsi, tout le monde le fait. Les hommes découvrent malgré tout (sans s’en plaindre) que cela découvre très haut les cuisses. Il y a donc à l’évidence un léger malentendu, un décalage manifeste. »20

C’est dommage de céder à l’essentialisme et à autant de clichés sociaux dans un chapitre qui, aussi hétérocentré soit-il, vise à démontrer que le regard que portent les femmes sur elles-mêmes et sur les autres femmes est trop dur, et que malgré la pression sociale et médiatique, la beauté n’est pas aussi archétypique qu’elle ne le semble de prime abord. C’est décevant de la part d’un sociologue de ne pas mentionner que ces attitudes, celle de la proie, celle du chasseur, sont socialement construites par une société patriarcale, certes millénaire, mais pas naturelle pour autant. Les stéréotypes sont flagrants, la femme joue avec inconséquence et l’homme bien élevé tente de contenir ses pulsions sexuelles créant ainsi un malentendu.

Sauf que l’argument du malentendu et de la pulsion sont ceux qui légitiment trop souvent le viol. Ils violent à cause d’une minijupe, ou d’une attitude, s’ils daignent s’excuser c’est parce qu’il n’avaient pas compris qu’elles n’étaient pas d’accord, c’était un malentendu. Non, ils violent parce qu’il existe une culture du viol et une culture patriarcale, socialement construite, légitimée politiquement, médiatiquement et intellectuellement pendant des siècles. Et là, Mr Kaufmann, la pente est glissante. Et oui « les femmes acceptent mal ces regards »21 parce que leurs corps leurs appartiennent ainsi que le regard qu’elles portent sur celui-ci. Ce regard ne devrait pas leur être confisqué et celui des hommes ne devrait pas se poser comme un calque biaisant leur regard sur elles-mêmes que ce calque crée l’envie ou la crainte. Porter une mini-jupe pour plaire quitte à être mal à l’aise, rêver de porter une mini jupe mais ne pas le faire pour ne pas risquer de se faire emmerder dans la rue. Il n’y a pas d’attraction-répulsion dans l’agression qu’elle soit physique ou verbale, comme il n’y a pas d’attraction-répulsion dans le fait de se voir confisquer son regard sur soi. Si une tel chose existe c’est le fait d’une société malade, hiérarchisée et oppressante pour les femmes.

L’hétérosexisme et ce passage douteux sont les seules critiques que j’ai à formuler. Cela reste un ouvrage intéressant, que je recommande. Il est facile à lire c’est une approche simple et efficace quant aux questions du corps et de regard sur soi. De plus, la spécificité des fesses lui offre un angle inédit et les analyses tirées y sont, le plus souvent, pertinentes.

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Conclusions :

 

Même si l’objet de ce livre est pour le moins restreint, les fesses, il n’en est pas moins capital dans l’appréhension de l’influence des normes de beauté sur nos corps et nos personnalités. La fesse est le résumé de tout le reste et est en même temps la focale principale de la majorité des femmes sur leurs corps. La fesse est l’incarnation du discours schizophrénique sur nos corps. Si ce livre m’a autant intéressée c’est bien sûr parce que la fesse est le lieu du gras, de la nécessité de la courbe et de la minceur : c’est le lieu du paradoxe total. La fesse peut être souhaitée rebondie, pulpeuse ou inexistante, mais dans aucun cas elle ne doit être molle. La culotte de cheval jugée saillante au XIXe n’est plus tolérée. La fesse montre les changements d’époque, démontre la mouvance de la norme. Ce que l’on retient clairement du rapport à la fesse c’est qu’il est source d’attention et d’insatisfaction permanentes, et que tout pointe vers une volonté de plus de contrôle de son corps, quitte à se fixer des objectifs inaccessibles, à ne jamais se laisser tranquille et à souffrir. Quitte à déplacer l’idéal toujours plus loin quand on s’approche du but. « La fesse idéale n’existe pas. Chaque époque essaie de dessiner des canons de beauté, qui en réalité sont très instables et provisoires. L’idéal du moment est vite remplacé par un autre. De plus, ces canons ne se réfèrent absolument pas à la beauté, ce sont des normes sociales et rien de plus. La société a certes besoin de normes pour construire le vivre ensemble, il nous faut un langage commun pour pouvoir échanger. Mais la beauté n’a rien à voir avec cela, la beauté est quelque chose de complètement différent. La beauté est dans le regard de celui qui sait la voir. »22

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  • Extrait :

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Notes et références :

1Jean-Claude Kaufmann, La guerre des fesses – Minceur, rondeurs et beauté, JC Lattès, 2013, 16€ , toutes les citations sont extraites du livre.

2p.13

3p.36-37

4Notamment Georges Vigarello, Les Métamorphoses du gras : histoire de l’obésité du Moyen Âge au XXe siècle, Éditions du Seuil, coll. « L’univers historique », 2010

5p.51

6p.53-54

7p.168

8p.59

9p.63

10p.67

11Jean-Claude Kaufmann, Corps de femmes, regards d’hommes. Sociologie des seins nus, Nathan, 1995

12p.76

13p.147

14p.150

15p. 70

16p. 72

17p.152

18p.93 à 114

19Monique WITTIG La Pensée straight, Balland « Le Rayon » 1992

20p.113 c’est moi qui souligne

21p.113

22p.233

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Grosseur et féminité : un dialogue, des résistances

Au bout des lèvres

#7

grosseur et féminité : un dialogue, des résistances

Ce texte décrit mon expérience de femme cis (c’est-à-dire dont l’identité de genre correspond au sexe qui lui a été assigné à la naissance, soit non-trans*) blanche de classe moyenne qui investit l’identité queer de fem et qui politise la grosseur. Il prétend partir de ce point de vue pour une réflexion sur la féminité (queer ou pas) et sur les normes de corpulences, par delà les genres. Il vise à montrer comment le confort et les outils que l’on peut dégager individuellement, à l’égard de son propre parcours et dans la vie quotidienne, peuvent être des éléments déclencheurs qui activent une réflexion plus générale et un engagement personnel à plus large échelle dans des luttes collectives.

 

Quelques repères

Fem, c’est le terme français qui a émergé pour rendre l’idée de femme en anglais tout en le différenciant du terme « femme », beaucoup plus large. Il fait référence à…

Voir l’article original 3 332 mots de plus

Fat People and TV shows #1 : Super Fun Night

Depuis un moment, j’envisage de faire un sujet sur les séries télé, ma grande passion dans la vie. Je voulais aborder le traitement des gros-ses dans les séries. Evidemment en France, à moins que j’ai raté un truc, la question n’est pas abordée, ou alors les gros sont vieux ou des personnages secondaires. Après, je ne regarde pas de séries françaises, j’avoue. Le but, était donc de voir au travers des différentes séries que j’ai pu regarder quel message est véhiculé à travers la représentation des personnages gros. En plus, on a vu sortir récemment quelques séries (pas ou peu diffusées en France) spécifiques à la question de la grosseur (Huge, Mike and Molly…) ou alors avec des personnages secondaires récurrents et charismatiques (Glee) voire des personnages principaux gros (Drop Dead Diva, My Mad Fat Diary). Super Fun Night  est le sujet du jour, une série prometteuse créée par la fantastique Rebel Wilson, celle la même qui affirme qu’elle porte des chaussures en forme de lapin pour détourner l’attention de son double menton. Elle a également fait un pacte de non régime avec Melissa Mc Carty. Et surtout, surtout, Rebel c’est son vrai nom, ses frères et sœurs s’appellent : Liberty, Ryot et Annachi, rien que ça.  Récemment, on l’a vue dans Hit Girls, teen movie musical dans la vibe de Glee, dont on retrouve par ailleurs un des personnages dans la série.

Donc, cette série. Format sitcom, 23 minutes, 17 épisodes, sans rires enregistrés, dieu soit loué. Le pitch : Kimmie (Rebel Wilson) habite avec ses deux copines, elles ont une vie de post adolescentes, poursuivies par leur image de lycéennes looseuses et célibataires, perpétuellement mal à l’aise socialement. Tous les vendredis soirs, elles passent la soirée ensemble, leur slogan est clair : »always inside, always together ». Mais, un soir, elles décident de sortir, la soirée qui aurait pu être un cataclysme s’achève par un bilan pas aussi catastrophique que prévu. Elles décident de recommencer à sortir  et de rebaptiser les soirées « super fun night ». Les voilà embarquées dans de nouvelles aventures. En parallèle, on suit Kimmie au boulot, elle est avocate et vient d’avoir une promotion. Elle est évidemment amoureuse d’un de ses collègues beau gosse, Richard, et est mise en concurrence avec une bombasse filiforme, dans un premier temps sur le plan professionnel puis sur le plan affectif puisque celle-ci devient vite la petite amie de Richard.

Le trailer était alléchant. Je m’attendais donc à une comédie sympathique dans la ligne de The Big Bang Theory, mais avec des filles et en moins geek. En plus, j’adore les séries qui parlent de gens au boulot, les séries d’avocats, les séries hospitalières, les flics moins, mais le côté professionnel me dérange pas, même si parfois il inscrit un peu trop les séries dans un genre défini et hermétique. Les séries d’avocat ressemblent vite les unes aux autres, par exemple.

Pleine d’indulgence pour Rebel Wilson, je me suis donc tapé les 17 épisodes en quelques jours, histoire de rester dans l’ambiance. Même si le traitement de la grosseur peut paraitre intéressant, il manque sa cible. L’héroïne est grosse, le sujet n’est pas passé à la trappe mais n’est pas capital non plus, elle n’est pas définie que par ça, point positif. Le sujet est traité de façon complexe comme étant connecté à ses autres difficultés sociales, mais pas la cause de tout. On voit l’impact que cela peut avoir sur sa vie personnelle et professionnelle, cela reste contre balancé par d’autres aspects de sa personnalité. Et c’est là que le bât blesse, les autres aspects de sa personnalités, qui sont censés constituer la complexité du personnage, ne sont que des clichés liés à la grosseur et pas les plus valorisants. Elle manque sérieusement de limite et de pudeur, elle parle à tort et à travers. Elle est toujours le centre du gag, mais pas parce qu’elle est drôle et piquante. Elle est puérile et passe son temps à blaguer grassement sur tout, elle est dissipée et manque de confiance en elle. Elle se retrouve perpétuellement coincée dans des situations gênantes et humiliantes qu’elle a provoquées par maladresse. Elle est trop gentille et généreuse et passe sont temps à se faire avoir, elle est docile et impressionnable. Elle reste sympa avec les gens qui l’humilient, elle est prête à tout pour un peu d’acceptation. Même quand elle essaye de se contrôler et d’être prise au sérieux, elle échoue.  Bref, le cliché de la grosse complétement insécure et inadaptée, sans volonté et sans contrôle sur elle-même. C’est pour ça que j’ai été consternée quand j’ai vu que Rebel Wilson avait elle-même créé la série. Même si les blagues sur les gros-ses n’ont pas le même portée quand elles sont faites par des gros-ses, ici, on n’échappe pas au bon vieux stéréotype.

Les personnages sont plutôt caricaturaux, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose dans une comédie, mais la caricature nécessite une certaine subtilité qui manque à la série. Kimmie est présentée comme la bonne vivante avec qui on ne s’ennuie pas (avec qui le personnage de Richard ne s’ennuie pas) contrairement à Kendall qui est mince, obsédée par son apparence et ne laisse rien dépasser, qui est froide, arriviste et impitoyable. Kimmie est la future mère des enfants de Richard, celle qui laisse de la place dans sa vie pour autre chose que son ambition professionnelle, celle qui rassure, celle qui le fera se sentir beau et valorisé, celle qu’il ne retrouvera jamais au lit avec son patron ou son meilleur ami,  mais dont il aura toujours un peu honte. Elle, elle sera éternellement reconnaissante et se si sentira privilégiée d’avoir joué hors de sa League (oui, les métaphores sportives ça marche aussi pour les filles, et non, ça ne les rend pas moins ennuyeuses) qu’elle ne râlera jamais quand il sera gêné de la présenter à ses futurs associés.

Plutôt que de creuser le filon de l’histoire de cette fille, il a fallu rajouter une bonne vieille romance avec le boy next door du cabinet d’avocat, déjà vu dans Ally Mc Beal et Drop Dead Diva (notons que sûrement grâce à l’âge de Katy Bates, Harry’s Law, série dont je vous recommande vivement la première saison, nous avait permis d’éviter de tomber dans l’écueil). On patauge dans sa vie sentimentale marécagueuse qui bouffe tout le reste en se retrouvant encore une fois avec l’éternelle intrigue du cul entre deux chaises. On dirait Carrie de Sex and the City en plein dilemme entre Big et le menuisier chouchou. Je me rappelle m’être dit à un moment « merci, ils nous évitent cette situation non seulement éculée mais aussi improbable ». Mais non, on y va, et franchement. Le but était de mettre à l’écran un personnage plus vrai que nature, trash et un peu crado, et on lui colle une vie amoureuse hautement fantaisiste? Le décalage est trop grand, on n’y croit pas. Pour le coup, les aventures sentimentales de ses colocs sont beaucoup plus intéressantes.

Ce personnage pour le moins atypique, quoiqu’on en pense, n’est pas exploité à fond. Elle est noyée par trois nouveaux personnages (trois gars, les voisins du dessous de la coloc des filles, eux aussi un peu nerd) dont on ne sait pas trop quoi faire. En plus, la série manque sérieusement de rythme.  Les gags s’éternisent, rebondissent sur eux mêmes jusqu’à l’écœurement.

Pour un format court, ça traîne en longueur. La faute au scénario ou à ABC ? Là est la question. La série était prévue sur CBS. Mais c’est finalement ABC qui la diffusera  et apporte un certain nombre de modifications. La série dont le pilote à été tourné à plusieurs caméras finira filmée par une seule.  ABC, chaîne réputée puritaine, aux séries très policées, est sûrement aussi à l’origine de quelques modifications scénaristiques. A-t-elle gardé les grosses blagues qui tachent aux dépends de toute subtilité? C’est possible. La série, qui ne remettra surement pas le couvert pour une seconde saison, semble sacrifiée par la chaîne, diffusée dans un créneau réputé être un cimetière à séries, au milieu de rediffusions, c’était déjà mal parti. Le rythme est brisé, le pilote, dont la bande annonce est issue, n’est pas diffusé, on arrive donc catapultés au milieu de personnages mal présentés et qui resteront mal définis. Ce pilote sera finalement le huitième épisode de la série, déstabilisant la trame narrative, un flashback dès la première saison, c’est risqué.

En somme, c’est raté, je suis plutôt déçue, je n’aurais pas ma comédie fat positive qui me fout la patate, en tout cas pas cette année. Ce que je retiendrais de la série, c’est évidement Rebel Wilson, dont j’attends résolument qu’elle sorte du registre fat-potache, mais en qui, comme Lara, je crois encore, mais surtout les quelques instants jubilatoires que sont les passages musicaux. Notamment, le générique reprise de la chanson qui fait du bien de Queen Don’t stop me now (ce qui devait être le titre original de la série). Enfin des moments valorisants, drôles et vraiment décalés pour cette fat chick. Comme ce morceau, une réussite :

Quand Google se fait relai du fat shaming

Cet hiver, le site The Militant Baker, a lancé la campagne « Bodies Aren’t Ugly. Bullying Is. » (les corps ne sont pas laid, le harcèlement l’est)  par rapport aux suggestions de Google afin de mettre en avant la haine  que subissent les personnes grosses sur internet comme ailleurs, le but étant de visibiliser Google comme relai de l’oppression et de donner une image positive en contre pied.

Si vous lisez l’anglais je vous invite à aller sur ce site qui regorge d’articles passionnants et engagés mais aussi de belles images. Allez aussi voir son Tumblr.

Quelques images :

Original post here.<br />
xoJes

L’initiative a été largement suivie sur facebook, allez y jetter un coup d’oeil.

Et d’autres victimes de discriminations en ont profité :

Insultes ordinaires au pays du bien être…

Samedi après midi, je fais ce que beaucoup font le samedi après midi : je vais dans un centre commercial avec ma maman. Or, dans les centres commerciaux, j’ai un péché mignon… Nature et Découverte ! Havre de paix artificielle. Les gens chuchotent, ça sent bon, et y’a des jolis objets, le bien être à portée de porte monnaie. Je flâne dans le magasin, tentant de déloger des enfants impolis des fauteuils massants, me demandant qui achète des trucs ici, si c’est une sorte de boutique cadeau et me disant que les gens n’achètent pas vraiment de diffuseur d’huile essentielle pour eux, mais que pour leur belle-mère.

« Tiens Germaine, un coussin délassant plein de noyaux de cerises/graines de lin/pépins de raisin bio, il suffit de le passer au micro onde et de l’appliquer sur ta nuque douloureuse après une journée de travail pour être instantanément soulagée; » Bio et micro-onde, ne gêne personne, c’est magique le capitalisme. Je me dirige vers le rayon thé et tisane, seuls articles que je consomme effectivement, je sens que je frôle quelque chose mais je ne fais pas attention, peut-être le sac à main qu’une cliente.

Mais j’entends ma mère derrière moi dire : « Elle ne vous a pas vu… » puis « Comment? Vous pouvez répéter? » Elle à l’air indignée. Je me rends compte que j’ai bousculé quelqu’un, en l’occurrence un monsieur à l’âge soit disant respectable. Je me rapproche pour m’excuser, vaguement confuse. Je lui dis : « Il y a un problème? ». Il me dit que j’aurais pu m’excuser quand même. Je dis qu’effectivement je n’ai pas fait attention et que j’en suis désolée, que je l’ai bousculé et que je m’en excuse, mais qu’il me semble qu’il a dit autre chose à mon sujet et qu’il pourrait répéter. Ma mère enchaîne : « et vous Monsieur? Vous n’avez pas de cheveux, personne ne vous en fait la remarque ! ». Je comprends que Monsieur est choqué que mon gras ait pu le toucher et le gêner, choqué que moi, jeune demoiselle, n’ai pas percuté tout de suite de la gêne occasionnée, ne me soit pas excusée dans l’instant. Il aurait fait d’autres remarque sur son âge et cette jeunesse qui ne respecte rien, mais déjà je suis sourde de colère, je suis passée en mode esclandre :

« Ah c’est de ça qu’il s’agit ? je braille dans l’antre de la paix intérieure. Je suis peut-être grosse, mais vous êtes une ordure Monsieur ! » Je lui répète tout le bien que je pense de lui. Ne pas laisser passer, ne plus se faire insulter en répondant en silence, ne pas leur laisser la légitimité. Monsieur, n’ose pas répéter face à face ses douceurs à l’égard de mes rondeurs. Couard, le vieux bonhomme!

Nature est découverte, est encore plus silencieux que jamais. Un vendeur, s’approche; les têtes se tournent, je m’excuse d’avoir troublé le calme de la boutique. Je vais regarder les tisanes et je sors. Je me calme vite, même si je sens une sorte de fébrilité en moi, prête à bondir et à cogner n’importe qui pour n’importe quoi. Je retrouve l’équilibre, je rigole, je dis que c’est pas grave. Ma mère est sous le choc, elle le cherche dans les rayons, prête à lui remettre les points sur les i du haut de son âge presque respectable. Elle n’a jamais voulu me répéter ce qu’il avait dit exactement. Mais elle a été toute bizarre pendant un bon moment. Pour moi, c’est presque un non évènement, l’insulte est le risque de l’interaction, le fat shaming est tellement diffus et partout, que se le prendre en pleine face d’un inconnu, n’est pas si rare. Ma fierté est de ne plus laisser faire. Même si les gens restent interdits, ne disent rien, regardent sans comprendre, même si je passe pour une dingue à brailler sur un papi au milieu des kit bien être, la victoire, elle est en moi, pour moi, je ne me laisse plus faire, je n’ai plus honte, je peux répliquer, je suis assez forte pour ça.

Un jour, on sera des milliers.

S’assumer qu’ils disaient…

Le discours prétendument déculpabilisant par rapport au corps nous dit de nous aimer comme nous sommes, d’accepter nos défauts, et de mettre en valeur nos atouts. Mais cet adage est bien plus perfide et moins libérateur qu’il n’y paraît. S’assumer, ca veut dire quoi? Être bien dans ses ballerines ou avoir l’air bien dans ses bottines? La nuance est capitale.

Your body is a temple

S’assumer, voudrait dire être réconciliée avec son corps. Arrêter de lui faire la guerre de chercher a perdre les kilos dont on n’arrive pas à se débarrasser. Soit. Mais derrière ces jolies tournures, il y a le sacro-saint respect du corps. Le corps étant une belle machine qui s’entretient pour ne surtout pas perdre son capital santé/séduction. Optimiser. Pour cela, il faut manger sainement et faire du sport, mais sans se mettre au régime, parce qu’on ne voudrait pas avoir l’air d’une fille frustrée et complexée quand même. Et à choisir on préfère être vue frustrée et complexée que comme quelqu’un qui se laisse aller, un coca dans une main un muffin dans l’autre. Alors on boit du jus d’herbes, on détox, et on s’inscrit à un cours d’aquabike ou de pilates. Bref, un esprit sain dans un corps sain. Enfin, plutôt un esprit qui ne part pas dans tous les sens dans un corps contrôlé et cadré.

Shine and bright like a diamond

Quand on est grosse, moche, pas normée ou pas normale, on nous apprend que, pour se faire remarquer, il faut compenser avec sa petite étincelle personnelle qui rend chaque femme unique et exceptionnelle. Rien que ça! C’est à en devenir tarée… Trop de messages contradictoires. Pour être baisable comme tout le monde et rentrer dans la norme, il faut savoir se démarquer. Et puis, comment trouver une sorte de paix mentale vis a vis de son corps quand la société n’est qu’une immense injonction à le remodeler, mince ou pas ? Même si cette acceptation semble être un enjeux collectif à la grande classe des femmes, il y a bien une hiérarchie. Les belles n’ont besoin de rien d’autre, elles n’ont même pas besoin d’être gentilles, l’entretien de leur beauté suffit à l’acceptation sociale, aussi triste que ce soit pour leur personnalités. Les non normées doivent jouer de leur beauté intérieure, la laisser dégouliner à l’extérieur pour camoufler bourrelets et autres imperfections. On doit miser sur la petite étincelle. Mais là encore, prudence ! Il faut être drôle mais pas trop histoire de ne pas tomber dans la friendzone. Il faut être sympa mais pas trop pour ne pas avoir l’air de combler un vide. Sûre de soi mais pas trop pour ne pas avoir l’air de péter plus haut que sa peau d’orange. Intelligente mais pas trop, il s’agirait pas d’écraser son interlocuteur ou d’avoir l’air arrogante. Et derrière tout ça quoi? Encore une fois le grand marché de la baise. Bon, c’est vrai, que le s’assumer vient surtout des magazines féminins, c’est leur moyen d’arriver à vendre aux quelconques et aux moches en leur faisant croire qu’elles sont prises en compte qu’elles peuvent être aussi jolies et inexpressives que le modèle en 34 retouché page 48.

Sois belle et consomme !

S’assumer c’est aussi oser le sexy. Mais là, c’est pareil, extrêmement codifié. On montre un peu de seins, parce que, charnue, on en a. Pas trop le haut des cuisses, il pourrait y avoir des capitons. Yeurk! Jauger, évaluer son corps pour établir ce qui est montrable ou non et le contrôler pour le faire paraître sous son meilleur jour. Mais à travers ça, ce qui se dessine c’est une femme aux contours vaguement élargis, avec un franc sourire qui lui barre la gueule, symbole de l’autosatisfaction parfaite. C’est une silhouette en sablier, des seins, du cul, une taille marquée si ce n’est fine quand même. Encore une fois, une nana qui rentre dans le moule. A croire que cette théorie a été élaborée pour toutes celles qui avaient renoncé au moule, fatiguées de se torturer et de se tortiller dans les cabines d’essayage pour faire vaguement l’affaire. Mais elles représentaient la déviance et une part de marché non négligeable. Ça valait le coup qu’on leur consacre un peu de papier, malgré leur gras.

Une norme universelle ?

Mais où sont celles qui ne rentrent pas dans le nouveau moule? Celles qui ne s’acceptent pas autant qu’elles le devraient? Celles qui ont choisi, ou pas, de jouer leur vie sur un autre terrain que celui de la satisfaction de leur apparence? Où sont celles dont le corps ou la manière d’être ne collera pas de toute façon? Celles qui puisent leur force ailleurs? Celles qui ne sont pas dans la course effrénée à la teub? Celles qui s’en foutent? Celles qui ont choisi de passer leurs économies dans autre chose que l’industrie de la mode? Je passe les économies que je n’ai même pas le temps de faire dans de la parure. Et ça marche, je me sens forte et belle quand j’ai une nouvelle tenue et les ongles faits. Je ne vais pas prétendre que ça marche pour tout le monde, ni que c’est la solution miracle. C’est superficiel, c’est une petite trahison politique, c’est une armure. Ça alimente mon côté control freak, l’engrenage est sans fin, je ne porte plus de rouge parce que mes lunettes sont roses, je ne porte plus de vernis sans top coat, je ne sors plus sans maquillage. Les codes, les lignes de conduites se superposent. Mais ça me fait triper d’être une pétasse. Pour l’instant…

S’assumer ne veut pas dire changer le regard que l’on a sur son corps ou sur celui des autres, le rendre moins normatif et plus indulgent, non. Cela veut dire rendre son corps tel qu’on veut qu’il soit aux yeux des autres : paraître. Le sublimer en ayant conscience de ses limites. C’est se rendre acceptable aux yeux de la norme qui adopte tous les discours pseudo émancipateurs qu’elle a sous la main pour s’étendre et vendre toujours un peu plus. C’est ne se considérer qu’en fonction de l’image. Moi, je voudrais pourvoir lire que la beauté est dans une expression, une allure, une attitude. Qu’elle réside dans une manière de voir la vie, de parler, de rire. Qu’elle se découvre plus qu’elle ne saute aux yeux. Qu’elle n’a pas forcément besoin d’en jeter. Qu’un corps devient plus beau au fur et à mesure qu’on apprend a le connaître. Mais ça ne cadre pas avec le libéralisme économique et sexuel et le culte du coup d’un soir. Je voudrais lire que nos beautés sont multiples et qu’elles sont surtout nos personnalités, que d’avoir de la valeur ne se résume pas à une manière de présenter et de s’arranger. Je voudrais surtout que les gens assument et connaissent leurs désirs quand bien même ils ne sont pas conformes. Je voudrais aussi qu’on arrête de considérer que remarquer la beauté d’une personne est un préalable au cul, ou à la comparaison du qui a le plus beau boule. On peut toujours rêver.

Mary Lambert – Body Love

J’ai les boules.

J’avais découvert une chanteuse grosse chouchou qui parlait du corps et qui disait des trucs pas cons. Et je l’avais gardée dans un coin de ma tête, pour faire un article, la faire découvrir. Mais comme d’hab j’ai laissé traîner un peu trop et la semaine dernière je la vois aux grammys en train de chanter avec Mackelmore. Alors je hurle, je m’insurge, je m’arrache les cheveux, de ne pas avoir fait cet article avant. La voilà donc.

et aux grammys quand même  :

Apple et Google retirent des applications de chirurgie esthétique pour enfants

 

«Cette malheureuse jeune fille a tellement de kilos en trop qu’aucun régime ne peut l’aider. Dans notre clinique, elle peut bénéficier d’une opération appelée liposuccion qui la rendra belle et mince».

Voici la description de l’application controversée qu’ a retirée mardi soir de sa plateforme après l’indignation suscitée sur le web. L’application existe pourtant depuis janvier 2013, mais n’est pointée du doigt qu’un an après. Intitulée «Chirurgie esthétique et esthétique et clinique version Barbie», elle est destinée aux enfants de 9 ans et plus, disponible gratuitement sur l’Itunes Store. Elle proposait aux jeunes utilisatrices de pratiquer des liposuccions sur des Barbies.

Lire la suite sur le site du Parisien

DariaMarx  » Grossophobie, same shit, different day »

Je me réveille, en retard. Je monte sur mon scooter. A chaque fois, une pensée pour cette image utilisée contre moi quand j’ai eu le malheur de demander à mes proches un coup de pouce financier pour l’acheter, cette femme en obésité monstrueuse sur un scooter médical, je n’arrive pas à l’oublier, est ce donc cette image que je renvoie aux autres ? Au premier feu, un mec en moto me parle, je dois soulever mon casque pour l’entendre m’insulter « tu feras mieux de prendre tes pieds », il se marre avant de démarrer. J’arrive au boulot, passage à la cafétéria, tous les jours le même allongé, « tu devrais passer à l’aspartame, c’est quand même meilleur pour ce que tu as’, merci collègue, j’avais failli oublier mon obésité, merci pour tes conseils, je garde mon demi sucre, merci. Boulot, passage sur les réseaux sociaux, la grosse Daria, Daria imbaisable, Daria inviolable à cause de ses bourrelets, même merde chaque jour déversée par les trolls, je bloque je passe, je ne fais presque plus attention. Midi, cantine, je ne choisis que des légumes, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec un régime, ca n’empêche pas l’invective « oh mais si tu manges que des crudités à midi, tu dois surement te goinfrer le soir, tu ferais mieux de bien manger maintenant, tu sais ce qu’on dit, le matin comme un roi, le midi comme un prince, le soir comme un pauvre si tu veux maigrir hein! », je ne connais pas la personne qui me parle, mais elle est à priori autorisée à me dispenser ses conseils diététiques. Parce que je suis grosse, et que l’humanité doit me sauver. Ou parce que ca la rassure de penser qu’elle n’est pas comme moi, qu’elle est mieux que moi. Je ne sais pas.

La suite en cliquant ici :

DariaMarx » Grossophobie, same shit, different day.

La revue de presse de Dame Simone

J’ai pas eu trop le temps de vous faire part de mes lectures de presse, ces derniers temps, je vais essayer de me rattraper. Tout n’est pas d’une fraîcheur extraordinaire.

Les enfants sont toujours plus surveillés, rappelés à l’ordre et stigmatisés par rapport au « surpoids » :

– En Floride, on envoie des lettres aux parents des enfants dits en surpoids, même quand les enfants sont minces ont une activité physique régulière. Le seul outil d’évaluation pour déterminer si les enfants sont ou non en surpoids  est encore une fois l’IMC, cette mesure est non seulement régulièrement réévaluée de manière arbitraire par les médecins de l’OMS (systématiquement favorisant la maigreur soit dit en passant), mais elle n’est pas fiable : elle ne prends pas en compte la différence entre la masse graisseuse et la masse musculaire. Ces lettres ne sont pas des outils pédagogiques à destination des enfants, elles sont culpabilisantes et stigmatisantes, les enfants subissent déjà bien assez de brimades et de moqueries de la part de leurs camarades, de leurs professeurs et de leurs familles comme ça. On pourrait penser que c’est alors à destination des parents,  mais l’obésité infantile étant majoritairement due à la malbouffe et touchant particulièrement les familles pauvres, ces mêmes familles n’ont pas le choix dans ce qu’ils donnent à leurs enfants à manger, ni dans les activités sportives que ces derniers peuvent pratiquer, il faudrait être stupide pour croire que cela pourrait avoir un effet… Cela revient alors à culpabiliser un peu plus des personnes impuissantes. Magnifique !

– « Les enfants de la campagne qui gambadent en forêt, alors que ceux de la ville restent avachis devant la télévision: un cliché qui a la vie dure. Mais une étude de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich vient le contredire. » Les petits rats des villes seraient moins dodus que les petits rats des champs. Les causes de cette disparité ? Encore une fois l’origine économique des enfants : les bourgeois qui étaient partis se « ressourcer » à la campagne, reviennent désormais en ville, et ce, avec leurs marmots. Ces enfants sont moins touchés par les désastres de l’industrie agroalimentaire et sont donc moins gros. Autre cliché brisé par cette étude, les filles sont moins touchées par l’obésité que les garçons. On pense souvent les filles moins actives que les garçons qui auraient besoin de se dépenser, de courir… Bref, les petites filles seraient plus sédentaires et donc plus suspectes quant aux kilos qui s’incrustent. C’est évidemment une construction sociale. Tout comme le mythe selon lequel les femmes auraient besoin d’un apport calorique moindre que celui des hommes et celui qu’un peu de ventre est signe de robustesse chez un homme et mais de laisser aller chez une femme. Sans même parler de la binarité affligeante de ce genre de discours… Quoiqu’il en soit les conclusions de l’étude sont bien tristes, si les filles sont moins touchées que les garçons c’est parce que les parents sont plus attentifs à leurs comportements alimentaires et à leurs allures qu’à celle des petits garçons… Le contrôle du corps des filles pour une mise à disposition du regard des hommes commence jeune.

– Michele Obama est partie en croisade contre l’obésité des enfants, avec Quenn B comme vaillant petit soldat, la ville de New York fait sécession (pas mal le jeu de mots sur les état unis). Pour lutter contre la pression imposée aux petites filles en matière d’esthétique, que ce soit par les concours de mini miss ou par l’apologie de la maigreur, New York a tourné un clip qui promeut la beauté intérieure.

Une très belle initiative, on en manque. Surtout de la part des pouvoirs publics, qui la plupart du temps culpabilisent les jeunes. Mais il faut voir les choses dans leur globalité. Les sanctions contre le complexe mode beauté et l’industrie agroalimentaire se font attendre, le discours est donc profondément contradictoire. C’est très bien, mais on se demande si ce n’est pas pour se donner bonne conscience.

Une étude américaine a décortiqué les films pour enfants démontrant qu’ils induisent un mauvais comportement alimentaire : sodas, fast food… mais aussi qu’il répercutaient une vision grossophobe des enfants : « près de 70 % des films stigmatiseraient le surpoids des personnages »

Le petit oiseau va sortir! :

Les réseaux sociaux sont à la fois le lieu idéal du déversement de la haine contre les gros, les moches, les dominés toutes catégories : femmes, personnes racisées, travailleuses du sexe, homosexuels, transsexuels, et autres a-normaux. L’anonymat, le prétexte de l’humour et le culte du moins de 140 signes favorisent les sentences lapidaires et discriminatoires en tout genre. De plus, les dominants ou ceux qui veulent dominer prétendent briser le tabou du politiquement correct d’un soit disant ordre bien pensant qui interdirait de dire quelques « vérités » pourtant rabâchées à longueurs de journaux télévisés et d’éditos fumeux. Belle escroquerie intellectuelle !

– Dans un premier temps un groupe facebook questionne les internautes sur l’éventuelle commercialisation d’une barbie ronde afin de mieux coller à la réalité.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. D’abord il faut noter que même si le principe peut être bardé de bonnes intentions, la barbie grosse reprend tous les clichés de la grosseur et est quelque peu ridicule. Je vous passe tous les commentaires purement méchants et ignorants. Lisez donc cet article du site Ma Grande Taille

– Après le Slut shaming, phénomène de mode qui consiste à harceler et insulter les femmes qui vivent une sexualité et assument leur sexualité ou tout simplement qui sont perçues comme des salopes, bref la misogynie en action, voici le Fat shaming. Un site internet de cromagnons américains a même lancé la FatShamingWeek sur twitter. Ce site titre des articles comme « les  raisons d’humilier une sale grosse lors d’un rencard » ou « pourquoi les grosses n’ont pas le droit à l’amour? ». Tout un programme.

Mais bonne nouvelle, les réseaux sociaux permettent aussi de rassembler des personnes minorisées et isolées, et même si c’est une forme de mobilisation artificielle et peu probante en terme d’avancées politiques, elle permet de faire exister et de construire un discours, de relayer des témoignages…

– En réponse à la tristement célèbre fatshamingweek est né le hashtag FatMicroagression. Le but est de répertorier toutes les petites brimades du quotidien subies par les gros. C’est déjà ça !

Du coté de la science :

– Les études qui ne vont pas uniquement dans le sens de l’industrie de la santé, industrie qui a tout intérêt à nous vendre des médicaments et à nous forcer à nous faire maigrir, ne sont pas légions. Normal, elles ne sont pas financées, elles n’aboutissent pas sur des millions de bénéfices pour les actionnaires, et sont à contre courant des politiques publiques. Sauf que récemment, des chercheurs ont démontré par une études comparative que les gros ne sont pas en plus mauvaise santé que les minces. Bien entendu en même temps est sortie une autre étude qui montre qu’on ne peut pas être gros et en bonne santé, car même si on a un corps dans lequel tout est au beau fixe, il reste un risque… OUAOUH!

– Autre coup porté à l’industrie du contrôle du corps et des régimes : compter les calories ne sert à rien. Un scientifique à récemment pondu un papier sur l’inefficacité de cette technique qui rend fou. Mais pourquoi ? on savait déjà que le nombre de calories absorbées et dépensées dépendait de l’activité physique pratiquée, il ajoute que les personnes ne les synthétisent tout simplement pas de la même manière. En plus, les données nutritionnelles sur les étiquettes ne sont pas à jour et la cuisson des aliments peut modifier leur apport calorique.

 

– A Honfleur, un médecin comparait pour avoir donnée une association médicamenteuse interdite car dangereuse à ses patiente en vue de les faire maigrir. La science à tout pouvoir, les gros peuvent crever en silence, la justice s’en fout. Il a été relaxé. Il ne s’agirait pas de créer un précédent qui pourrait faire raquer l’industrie du médicament ou les médecins gourous à la botte des laboratoires. C’est la crise ma bonne dame !

Discriminations en tous genres :

– Les compagnies aériennes sont sans pitié envers les gros, régulièrement, ils les obligent à acheter deux places pour pouvoir voyager. Plutôt que de faire des sièges confortables et accessibles à tous, ils préfèrent nous faire payer double tarifs. Sans parler du prix de l’humiliation. Mais un passager fait remarquer que ces places sont régulièrement attribuées à l’opposé l’un de l’autre. Si on avait un doute sur les raisons d’un tel système…

– Dans la série ça plane  pour moi : les médias français ont relayé pour une fois un cas de grossophobie dans les transports aériens. La même compagnie British Airways qui a pourtant assuré le voyage aller de Kévin aux Etats Unis refuse de le ramener chez lui, invoquant des raisons de sécurité. Une autre compagnie aérienne accepte de le prendre en charge. Puis Eurostar refuse le lui faire traverser la Manche. Mais une compagnie de ferrys finira par le ramener chez lui. Kévin a toutefois mentionné que son voyage s’était déroulé dans des conditions de confort déplorables et douloureuses, malgré la générosité des concurrents de British Airways et d’Eurostar qui ont du flairer le coup de pub. Kévin souffre d’un dérèglement hormonal, cause de son obésité. Je ne suis pas sûre que l’histoire ait fait autant de bruit et ait suscité autant de solidarité (même strictement commerciale) si il avait été tout simplement gros, un gros normal, donc volontairement gros.

– Un Sud Américain à failli perdre son visa en Nouvelle Zélande parce qu’il était trop gros. Son poids ne lui permettant pas d’avoir un niveau acceptable de santé nécessaire pour rester dans le pays où il réside depuis 6 ans. L’inquiétude du pays étant qu’il fasse appel à son système de santé. Il a finalement pu rester chez lui, mais il devra payer de sa poche ses dépenses de santé. Mais comment prouver que les problèmes cardiaques d’un homme de 50, 60, 70 ans ne sont liés qu’à son poids? Mystère…

– Les opérations de testing dans les entreprises pour déceler les cas beaucoup trop fréquent pourtant de discrimination à l’embauche sont rares. C’est pourtant ce type d’initiative qu’à pris la MEF du Cotentin. Morale de l’histoire : les femmes sont discriminées au profit des hommes, des fois qu’elles tombent enceinte ou aient un chiard qui vomit les salopes… Elles ont 2 fois moins de chances que les hommes d’être sélectionnées pour un entretien. Les vieux, prêts à claquer à tout instant ou pas prêts à garder leur job 40 ans de plus au pays où la mobilité professionnelle est plébiscité partout, ont, eux, 2 fois moins de chances d’être convoqués, et une femme en surpoids à 71% de chance de moins qu’un homme mince d’être reçu. Pour un homme en surpoids c’est seulement 6.6% de chance en moins. Assez étonnamment l’étude montre que les critères d’origine et de handicap, même s’ils entrent en compte ont moins d’impact : 25% de chances en moins avec un nom d’origine africaine et 35% avec la mention travailleur handicapé sur le CV.

Dans la série sadisme et autres tortures  :

– 47% des 2000 anglaises interrogées ont déclaré prendre des laxatifs pour maigrir rapidement, même si elles savent que c’est inefficace sur le long terme et mauvais pour leur santé.

– Moins dangereux pour la santé mais tout aussi fou… Le spray malodorant pour maigrir ! A vaporiser dans votre cuisine pour vous dégoûter quand vous vous approchez en douce d’un placard pour piquer un gâteau.

Obésité, soutien-gorge, diététique, régime

– Microsoft, toujours prêt à gagner un peu plus de pognon est sur le point de commercialiser un soutien gorge qui ferait maigrir. Oui, oui… Comment? en surveillant le rythme cardiaque et en avertissant la porteuse de son niveau de stress. Elle est ainsi prévenue que le risque de grignotage est imminent. Les créateurs de l’engin ont même spécifié qu’ils y avait aussi pensé pour les hommes, mais (oh surprise!) leurs sous vêtements sont trop loin de leur coeur (sic!).

– Après le régime vers solitaire, le régime soupe au chou, le régime hyper protéiné qui bouffe le foie et les reins des patients/cobayes, le régime étouffe toi avec du coton et/ou du savon. Ce qui est génial c’est que c’est encore une fois, la presse féminine ici, Marie Claire,, qui dénonce les dérives de la vague sur laquelle elle surfe, la même presse qui cale une nouvelle formule magique pour maigrir en s’affamant à presque chaque numéro. Que penser? que ce genre d’article est quand même bénéfique par ce qu’il a un discours qui dénonce? Ou perd-il tout intérêt voire devient-il dangereux au vu du contexte dans lequel il officie? Si les injonctions à longueur de pages sont de vénérer la maigreur, comment ce genre d’article peut-être perçu autrement que comme une fiche technique pour atteindre ce but? Pourquoi ne pas plutôt changer le format des mannequins? Ou faire paraître ce genre de témoignage?

-Une nouvelle opération chirurgicale pour maigrir ! L’endobarrière est un sac plastique qui est disposé dans l’intestin du patient/cobaye et qui lui évite de digérer tous les aliments qu’il ingère. Après le brochage des machoires, le plus simple pour ne plus manger, le raccourcissement de l’intestin, le plus simple pour ne plus digérer, et la réduction de l’estomac à la taille d’un pot de yaourt, le plus simple pour ne presque plus manger, voici le sac poubelle intégré. Oh yeah ! Voyons le côté positif, puisque certains vont être tenté, ou poussés par leur médecin, c’est non invasif et réversible. Par contre quelques questions susistent : « Comme pour tout geste médical, il peut y avoir des risques de complications comme des ulcères de l’estomac, ou des hémorragies ou encore, moins grave mais pouvant être très handicapantes, de fortes nausées. Autre question : une fois le dispositif retiré que se passe-t-il pour le patient ? On sait très bien aujourd’hui que les patients obèses ne mangent pas car ils sont goinfres, mais car il existe un dérèglement du tissus adipeux et que les messages envoyés par le cerveau sont parfois brouillés. »

Au pays des peoples :

– Jessica Alba prône le régime corset. Personne ne lui  a reproché son éventuelle influence sur des femmes moins aisées financièrement et entourées médicalement qu’elle, femmes qui pourraient vouloir faire comme elle. Non, son discours est simplement vu comme une nouvelle folie de star, comme une bizarrerie et non comme un appel à l’automutilation. Si demain, Marylin Manson parle du plaisir que lui procure la scarification, j’aimerais bien voir ce qu’il se passerait.

– Ceci dit les régimes de stars plus dangereux les uns que les autres était déjà dénoncés par la presse en 1929.

-Jennifer Lawrence, qui a cartonné avec Hunger Games, prens régulièrement position contre les pressions à la minceurs dont elle subit les conséquences. Elle a affirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir faire de régime et surtout elle parle de toutes les fois où on lui a dit qu’elle était grosse. Malgré un physique plutôt « normal », voire mince selon moi, elle est perçue comme « ronde » par les magazine féminins. Elle prend désormais la défense des gros en condamnant les insultes qui leurs sont faites.

Rosie Hutington : mannequin pour Burberry a fait le buzz. Elle a refusé de suivre un régime qui ne consistait qu’à manger un seul sushi par jour. Elle est opposée par les magazines à Naomi Campbell qui, au même moment, affirme s’affamer avant les défiler. Mais, les filles ayant un rapport équilibré à la nourriture dans ce milieu sont clairement minoritaires. Vu la pression que subissent les mannequins, devons nous vraiment les blâmer pour leurs comportements ? Ne peut on pas voir un peu plus loin pour une fois?

– Pendant ce temps de vraies grosses parlent de la grosseur et refusent de suivre des régimes. J’ai nommé, Melissa Mc Carthy et Rebel Wilson. Bien que sous employées, ou plutôt sur employées dans le rôle de la grosse rigolote, elles sont régulièrement à l’affiche de films et de séries télé. Elles se serrent les coudes et elles ont même fait un pacte pour ne pas faire de régime.

Rebel Wilson and Melissa McCarthy - 2013 MTV Movie Awards Show

– Enfin ! une association de femmes rondes, porte plainte contre Karl Lagarfeld qui a fait de l’insulte envers les gros sa marque de fabrique. Désormais il est invité dans les médias presque qu’exclusivement en l’attente d’un de ces fameux « dérapages ». Il s’offre une légitimité en répétant partout que lui, il a perdu 30 kilos. Elles ont même lancé une pétition en ligne.

A la prochaine !